Rien n’est noir

Album publié en 2025 aux Editions Stock.


Adapté du roman de Claire Berest publié le 21 aout 2019.

extrait bd Rien n'est noir

Frida Kahlo parle haut et fort, avec son corps fracassé par un accident de bus et ses manières excessives d’inviter la muerte et la vida dans chacun de ses gestes. Elle jure comme un charretier, boit des trempées de tequila. Elle aime les manifestations politiques, mettre des fleurs dans ses cheveux et les fêtes à réveiller les squelettes.

Surtout, elle peint.

Et par dessus tout, Frida aime Diego, le peintre le plus célèbre du Mexique, son crapaud insatiable, fatal séducteur, qui couvre les murs de fresques gigantesques.

Animé par les couleurs brûlantes de Paulina Spucches, Rien n’est noir nous transporte dans ce tourbillon amoureux et nous fait vivre l’existence passionnée d’une des plus grandes figures de l’art moderne, Frida Kahlo, la magicienne affranchie.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Rien n’est noir »

En 2019, Claire Berest publiait Rien n’est noir, portrait de Frida Kahlo écrit à hauteur de peau, un roman qui allait décrocher le Grand Prix des Lectrices ELLE en 2020. Il fallait de l’audace pour s’attaquer à l’adaptation graphique d’un texte aussi physique, aussi charnel. Paulina Spucches l’a fait seule (scénario, dessin, couleur). Et elle n’a pas tremblé.
Le bleu, le rouge, l’orange : les couleurs brûlent dès la première page. On reconnaît le Mexique avant même d’avoir lu une ligne. Mais Paulina Spucche ne pastiche pas Kahlo, elle revendique sa propre liberté graphique, convaincue qu’imiter le style de la peintre eût été une impasse. Bonne décision. Son trait, énergique et instinctif, s’attarde sur les visages, flirte avec le fantastique, transforme certaines doubles pages en véritables fresques murales, un écho discret aux murales de Diego Rivera lui-même.

extrait bd Rien n'est noir

Le fond, lui, ne concède rien à la facilité. La polio, l’accident de tramway, les maternités perdues, Diego Rivera qui ouvre les portes d’une main et consume de l’autre : Claire Berest, et Paulina Spucches après elle, restituent une femme entière, pas une icône en t-shirt.
Paulina Spucches dessine la rage de vivre malgré tout. C’est précisément ce que l’on retient : non pas une vie tragique, mais une vie tenue par la peinture, par le désir, par une insolence tranquille face à la mort.

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