God Bless America

Album publié en 2026 aux Editions Sarbacane.


Adapté du roman Le Cherokee de Richard Morgiève publié le 17 janvier 2019.

couverture bd God Bless America

Parti en patrouille de nuit sur les hauts plateaux désertiques et glacés de l’Utah pour une affaire de soucoupe volante qu’auraient aperçue plusieurs témoins, le shérif Nick Corey découvre une voiture abandonnée.
En une nuit, le policier va croiser une Hudson Honet verte de 1952 qui n’a rien à faire là, un avion de chasse Sabre sans pilote et… un puma blanc.
C’est le branle-bas de combat dans le comté de Garfield. L’armée et le FBI débarquent et mettent illico la pression sur Nick, qui n’aime vraiment pas ça, et puis il lui veut quoi cet inspecteur du FBI à tourner autour de lui dans des effluves ennivrantes d’after shave ?
Corey à d’autres chats à fouetter, car se retrouve confronté au même moment à son propre passé : le tueur en série qui a assassiné ses parents et hanté son enfance, réapparaît. Corey, enquêteur hors pair, se lance à sa poursuite. Mais les cauchemars ont la dent dure et le pire est toujours à venir…



L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « God Bless America »

Sous un titre trompeusement patriotique, God Bless America adapte le roman noir Le Cherokee de Richard Morgiève. Auteur complet, Pierre-François Radice en signe le scénario et le dessin, après un précédent album consacré à Al Capone. Le résultat plonge le lecteur dans une Amérique de la guerre froide, âpre et paranoïaque.

L’action se déroule dans l’Utah, à l’automne 1954. Le shérif Nick Corey, qui rêve de tout quitter pour vivre au contact de la nature, voit son comté envahi par l’armée et le FBI après l’atterrissage d’un avion de chasse sans pilote et la disparition de sa bombe atomique. Pierre-François Radice fait s’entrelacer trois fils : une enquête militaire teintée de psychose anticommuniste, la traque du tueur en série qui a massacré les parents de Corey durant son enfance, et une histoire d’amour interdite entre le shérif et un agent fédéral. C’est là que le récit gagne en profondeur : Nick Corey doit dissimuler son homosexualité dans une Amérique puritaine, ce qui ajoute à sa solitude une charge tragique. Deuil, religion et vengeance nourrissent une noirceur que seules quelques fulgurances de tendresse viennent tempérer.

extrait bd God Bless America

Le dessin de Pierre-François Radice épouse cette atmosphère crépusculaire. Son crayonné en noir et blanc, aux dégradés de gris soigneusement dosés, restitue la poussière des hauts plateaux et le froid des nuits de patrouille. Le grand format laisse respirer les décors désolés, et l’économie de couleurs accentue le climat anxiogène.

L’ensemble compose un polar noir dense et immersif. On le recommandera aux amateurs de romans noirs américains et aux lecteurs de Richard Morgiève.

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