Né en Iran
Album publié en 2024 aux éditions Gallimard.
Résumé éditeur

Une autobiographie onirique dans l’Iran des années 1990, vu à travers les yeux d’un enfant.
Le dessinateur Majid Bita se replonge dans l’Iran de son enfance. Celui des années 1990, au lendemain de la guerre contre l’Irak.
Il accumule des souvenirs qui dessinent les contours de son identité : les gâteaux sucrés de sa grand-mère qu’il chapardait, la chaleur réconfortante des couvertures brodées, l’odeur de l’opium que fument les hommes ou le grésillement discontinu de la radio…
Mais les spectres de la guerre et les interdits du régime de l’Ayatollah Khomeini planent sur le quotidien et l’imaginaire du petit garçon. Ses angoisses se matérialisent dans des volutes de fumée noire, hantées par des djinns persans au regard halluciné.
Majid Bita trace le portrait d’une identité morcelée, entre héritages culturels, intimité familiale et contexte sociopolitique.
La bd « Né en Iran » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Né en Iran »
Né en Iran en 1985 et installé en Italie depuis une dizaine d’années, Majid Bita signe avec ce volume de plus de trois cent cinquante pages sa première bande dessinée, écrite et dessinée seul. Il y revient sur son enfance dans l’Iran des années 1990, au lendemain de la longue guerre contre l’Irak, dans une famille cultivée et soudée.
Le récit avance par flashes plutôt que par chronologie. Majid Bita juxtapose des sensations minuscules, les gâteaux sucrés dérobés à sa grand-mère, la chaleur des couvertures brodées, l’odeur de l’opium que fument les hommes, le grésillement d’une radio, et laisse affleurer entre elles ce que l’enfant ne comprend pas encore, les séquelles du conflit et le poids des interdits. Cette construction éclatée sert le propos, celui d’une identité morcelée qui se recompose depuis l’exil. L’auteur se décrit lui-même comme à moitié exilé, le cœur resté attaché à un pays qu’il ne reconnaissait plus à chaque retour.

Le dessin porte l’essentiel de cette intensité. Le trait de Majid Bita est dense, hachuré, taché d’encre, laissant des blancs griffés qui donnent aux planches une âpreté physique. Les angoisses du garçon se matérialisent en volutes de fumée noire peuplées de djinns persans au regard halluciné, greffant le fonds mythologique iranien sur la mémoire intime.
Une œuvre âpre, prolongée par une postface où Majid Bita explicite sa démarche.




