La sage-femme d’Auschwitz
Album publié en 2026 aux éditions Imagine Graphic.
Résumé éditeur
D’après l’œuvre d’Anna Stuart publiée en mars 2023.

Lorsqu’elle arrive à Auschwitz, Ana est persuadée qu’elle ne survivra pas à l’enfer du camp. Mais elle possède une compétence que les nazis recherchent : elle est sage-femme. Son travail sera de donner naissance aux enfants des prisonnières.
Une mission terrible car, dès qu’ils ont poussé leur premier cri, les bébés sont arrachés aux mères et donnés à des familles allemandes. Malgré la détresse de ces femmes auxquelles on vole leurs enfants, Ana essaie de leur apporter un peu de réconfort.
Et un jour, elle réalise qu’elle peut faire plus. Secrètement, elle commence à tatouer les petits avec les numéros de déportées de leurs mères. Une lueur d’espoir dans ce monde d’une infinie noirceur : et si un jour, après l’horreur de la guerre, grâce à ce petit geste, ces enfants et leurs mères pouvaient se retrouver ?
La bd « La sage-femme d’Auschwitz » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La sage-femme d’Auschwitz »
Pascal Bresson, scénariste habitué des vies marquantes (Simone Veil, le couple Klarsfeld), adapte le roman d’Anna Stuart, lui-même inspiré d’une histoire vraie. Le dessin est confié à Serge Fino. Le récit suit Ana, sage-femme polonaise déportée à Auschwitz, et son amie Ester, jeune infirmière juive. Dans l’enfer du camp, la compétence d’Ana lui vaut une tâche insoutenable : mettre au monde les enfants des prisonnières, aussitôt arrachés à leur mère.
Le cœur du livre tient à un geste minuscule et bouleversant. Ana se met à tatouer en secret les nouveau-nés avec le matricule de leur mère, pour qu’un jour, peut-être, les uns et les autres se retrouvent. Pascal Bresson évite le récit à charge et préfère montrer comment, au milieu de l’anéantissement, des femmes tiennent debout par la solidarité et par ce refus obstiné de renoncer à l’humain.

Le dessin de Serge Fino épouse cette gravité. Son trait réaliste, ses cadrages sobres, une palette sourde qui refuse le spectaculaire laissent toute la place aux visages et aux regards. Là où les mots pourraient manquer, l’image suggère sans jamais surligner l’horreur, ce qui rend le propos d’autant plus fort.
Tout le livre tient dans ce geste discret, ces matricules tatoués sur des nouveau-nés, pour qu’après la nuit des camps un lien reste possible entre une mère et son enfant. Le roman graphique d’une histoire vraie, entre horreur concentrationnaire et lueur d’espoir.




