Femme Vie Liberté
Album publié en 2025 aux éditions de l’Iconoclaste.
Résumé éditeur

Le 16 septembre 2022, en Iran, Mahsa Amini
succombe aux coups de la police des mœurs
parce qu’elle n’avait pas » bien » porté son voile.
Son décès soulève une vague de protestations
dans l’ensemble du pays, qui se transforme
en un mouvement féministe sans précédent.
Marjane Satrapi a réuni trois spécialistes :
Farid Vahid, politologue, Jean-Pierre Perrin,
grand reporter, Abbas Milani, historien,
et dix-sept des plus grands talents
de la bande dessinée pour raconter cet
événement majeur pour l’Iran,
et pour nous toutes et nous tous.
La bd « Femme Vie Liberté » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Femme Vie Liberté »
Le projet est né de l’initiative de l’éditrice Sophie de Sivry, disparue avant l’achèvement du livre, qui sollicita son amie Marjane Satrapi face à l’ampleur de la répression en Iran. L’autrice de Persepolis a réuni dix-sept dessinateurs et trois spécialistes autour d’un slogan d’origine kurde devenu le mot d’ordre d’un mouvement de contestation sans précédent, déclenché par la mort de Mahsa Jina Amini après son arrestation par la police des mœurs.
L’intelligence de la BD tient à l’alternance entre les registres. Les récits dessinés de Joann Sfar, Catel, Paco Roca, Lewis Trondheim, Coco ou Mana Neyestani côtoient les analyses de Farid Vahid, de Jean-Pierre Perrin et d’Abbas Milani, qui replacent la révolte dans une histoire longue. La présence d’auteurs iraniens, parmi lesquels Shabnam Adiban, Bahareh Akrami et Touka Neyestani, apporte une connaissance intime que le regard extérieur ne pouvait fournir. Le livre documente les tortures, les emprisonnements et les violences sexuelles, mais il constitue surtout un portrait de la jeunesse iranienne, dans son inventivité comme dans son obstination. Il rappelle aussi la singularité de ce soulèvement, porté par des femmes et largement soutenu par des hommes.

Graphiquement, la diversité des styles, de la ligne claire au dessin de presse en passant par la photographie, aurait pu nuire à la cohérence. Elle produit l’inverse, chaque écriture éclairant une facette du réel. Les images demeurent sobres, ce qui rend les témoignages plus tranchants encore.
L’ouvrage s’adresse aux lecteurs soucieux des droits humains et de l’actualité iranienne. Une version persane a été diffusée, prolongement essentiel de la démarche.




