Des Vivants – Le réseau du musée de l’Homme, 1940-42

Album publié en 2021 aux éditions Editions 2024.


Résumé éditeur

couverture bd Des Vivants - Le réseau du musée de l'Homme, 1940-42

Été 1940 : la France est occupée.
Certains pourtant refusent la fatalité : à Paris, au cœur du musée de l’Homme, quelques ethnologues se réunissent, bientôt rejoints par des gens de tous horizons ― avocats, religieuses ou garagistes.
Autour de Boris Vildé, d’Anatole Lewitsky, d’Yvonne Oddon, ces visionnaires posent les bases de la lutte qui mènera à la Libération : évasions de prisonniers, passages vers l’Angleterre ou la zone libre, et publication d’un journal clandestin, Résistance.
Mais ces insoumis de la première heure seront bientôt trahis, dénoncés à la Gestapo et, pour beaucoup d’entre eux, exécutés.

Avec Des Vivants, Raphaël Meltz et Louise Moaty proposent un scénario d’une grande richesse et d’une profonde intégrité : aucun dialogue n’a été inventé, les paroles prononcées par les personnages sont les leurs. Au terme d’une vaste plongée dans d’innombrables documents d’époque ― mémoires, lettres, témoignages, entretiens, journaux… ― ils composent ce récit en s’effaçant derrière la sincérité et la force de ces voix disparues.
Simon Roussin, grâce à une mise en scène subtile et un dessin d’une grande maîtrise, redonne vie à ces fragments d’Histoire, déployant avec justesse tout leur souffle romanesque.
Ensemble, ils composent une fresque puissante, rigoureuse et émouvante. Surgi très tôt, trop vite détruit, le réseau du musée de l’Homme est peu à peu sorti de la mémoire collective.
Cet album hors normes, à la fois enquête historique, roman de guerre et épopée grandiose, rend ainsi hommage à des hommes et des femmes emportés un jour par cette injonction formidable : résister.
Une folle audace autant qu’une évidence ; l’unique moyen, au-delà de tout, de rester vivants.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Des Vivants – Le réseau du musée de l’Homme, 1940-42 »

Des Vivants retrace l’histoire du réseau de résistance du Musée de l’Homme, actif entre 1940 et 1942. Lauréat du Prix Cases d’Histoire 2021 et du Prix du Jury au Festival d’Angoulême, cet album s’impose d’emblée comme une œuvre à part dans le paysage de la bande dessinée historique.

Raphaël Meltz et Louise Moaty ont relevé un défi rare : aucun dialogue n’a été inventé. Les paroles prononcées par les personnages (Boris Vildé, Anatole Lewitsky, Yvonne Oddon et leurs compagnons) sont les leurs, extraites de lettres, mémoires, témoignages et journaux d’époque. Ce parti pris narratif, loin de figer le récit, lui confère une densité émotionnelle saisissante. On n’assiste pas à une reconstitution : on entend des voix réelles résonner depuis l’abîme.

Du refus de l’armistice en juin 1940 aux condamnations du 17 février 1942, l’album suit pas à pas la structuration d’une résistance improvisée évasions, passages vers la zone libre, diffusion du journal clandestin Résistance, avant que trahisons et arrestations n’anéantissent le réseau.

extrait bd Des Vivants - Le réseau du musée de l'Homme, 1940-42


Plutôt que de recourir à des teintes sépia ou à un réalisme convenu, Simon Roussin déploie une palette chromatique originale et immédiatement reconnaissable, qui confère à l’ensemble une atmosphère singulière. Ce choix créé une distance poétique qui préserve la dignité des disparus sans jamais verser dans la complaisance mémorielle.

Des Vivants renouvelle le genre de la bande dessinée historique en refusant tout héroïsme fabriqué. Indispensable aux amateurs d’histoire, mais tout autant à quiconque croit encore au pouvoir de la forme pour dire la résistance humaine.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

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