L’attentat
Album publié en 2020 aux éditions La Boite à Bulles.
Résumé éditeur
Adapté du roman de Harry Mulisch (De aanslag) publié en septembre 1982.

Janvier 1945, à Haarlem aux Pays-Bas : un collaborateur nazi est abattu dans la rue devant chez les Steenwijk.
Les nazis mènent des représailles aveugles : les parents et le fils aîné sont assassinés, la maison brûlée.
Seul Anton, alors âgé de douze ans, est épargné. Des années plus tard, Anton, devenu médecin, offre l’image d’une vie épanouie. Pourtant, dans l’apparente quiétude de sa vie, des rencontres fortuites, des moments de crise font revivre le drame, sa culpabilité, ses ressentiments… jusqu’à ce qu’Anton apprenne finalement ce qui s’est réellement passé cette nuit-là, en 1945, les ressorts et les conséquences de cet attentat.
La bd « L’attentat » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’attentat »
Un cadavre déplacé de quelques mètres, et c’est toute une vie qui bascule. Cette bande dessinée, que Milan Hulsing signe seul d’après le roman de son compatriote Harry Mulisch, part d’un fait minuscule aux conséquences effroyables. Janvier 1945, à Haarlem, dans les Pays-Bas occupés : un policier collaborateur est abattu par la Résistance devant une maison. Le corps est traîné devant celle des Steenwijk. En représailles, les nazis fusillent les parents et le frère du jeune Anton, douze ans, et incendient la demeure. L’enfant survit, seul.
Le récit suit alors, par sauts de plusieurs années, l’homme qu’Anton devient : un médecin à la vie rangée, en apparence apaisée. Milan Hulsing montre comment le traumatisme refoulé remonte par bribes, au gré de rencontres fortuites qui rouvrent la plaie et livrent, morceau après morceau, la vérité de cette nuit. Qui a déplacé le corps, et pourquoi ? La question hante le livre, qui interroge moins la culpabilité que le hasard et la mémoire, cette manière qu’elle a de se dérober. Loin du réquisitoire, le propos épouse le regard d’un homme qui voudrait à la fois savoir et oublier.

Milan Hulsing peint plus qu’il ne trace, dans une palette de rouges, d’oranges et de vert-de-gris qui baigne les planches d’une lumière d’incendie. Ses silhouettes fondues, à peine esquissées, transforment le souvenir en rêve éveillé, entre le sombre et le chatoyant. Chez lui, la couleur raconte autant que les mots.
Sous la palette de feu de Milan Hulsing, rouges et oranges transforment le souvenir d’une nuit de 1945 en rêve-cauchemar dont on ne détache pas les yeux.
Notre avis : 4,5/5




