Figurec
Album publié en 2007 aux éditions Casterman.
Résumé éditeur
Adapté du roman de Fabrice Caro publié le 23 février 2006.

Et si la plupart des situations de nos vies quotidiennes étaient peuplées de figurants professionnels, recrutés et payés pour apparaître à la terrasse des cafés, au supermarché, dans les manifestations syndicales, les enterrements, les repas de famille, etc ?
Cette idée fantastique, mais finalement pas si improbable, constitue le cœur de Figurec du nom de la puissante société qui loue ainsi d’innombrables figurants sans que son existence soit jamais publiquement dévoilée.
L’histoire est racontée du point de vue d’un jeune auteur de théâtre velléitaire et désargenté, qui découvre par hasard l’existence de Figurec et commet l’erreur de tomber amoureux de Tania, la figurante qu’il a lui même recrutée pour impressionner parents et amis…
Drôlerie, finesse, originalité, le scénario magistral d’un jeune écrivain (d’après son propre roman), mis en images avec brio par le pinceau inspiré de Christian De Metter.
La bd « Figurec » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Figurec »
Christian de Metter s’empare du premier roman de Fabrice Caro pour en tirer un album à l’atmosphère trouble.
Le narrateur, apprenti auteur de théâtre qui se rêve en nouveau Tchekhov, ne trouve rien à écrire. Alors il court les enterrements d’inconnus, cherchant dans le chagrin des autres l’émotion qui lui manque. Un homme croisé de cérémonie en cérémonie finit par lui glisser un mot : Figurec. Derrière ce nom se cache une firme qui loue des figurants professionnels, chargés de peupler mariages, obsèques et repas de famille. Le narrateur, mal aimé de ses parents qui n’ont d’yeux que pour son frère cadet, y voit le moyen d’embellir une vie terne. Il se fait recruter à son tour et se prend à son propre piège.
Christian de Metter garde du texte de Fabrice Caro cette bascule où le paraître dévore l’être. Le récit avance comme une pièce qui n’arrive pas à commencer, et cette incapacité du personnage à exister autrement qu’en spectateur donne à la BD sa mélancolie. L’humour reste là, souterrain, mais c’est l’inquiétude qui domine à mesure que la frontière entre le vrai et le simulé se brouille.

La couleur directe de Christian de Metter installe une lumière grise, presque poisseuse, qui colle à ce personnage. Les cadrages resserrés, les visages saisis de près, la palette sourde traduisent l’enfermement d’un homme qui organise sa vie comme un décor. Le dessin réaliste, un peu cinématographique, retient l’ironie du roman pour en faire quelque chose de plus sombre.
Figurec transforme le besoin d’être vu en marchandise, et son héros en spectateur d’une existence qu’il ne parvient jamais à jouer.




