Auteur/autrice : Sébastien D

La Guerre des boutons

Bande dessinée publiée en 2019 aux éditions Le Genevrier.


D’après le roman de Louis Pergaud publié en 1912.

couverture bd La Guerre des boutons

Le père de Lebrac est furieux contre son rejeton, le chef d’une armée de gamins (les Longevernes) en guerre contre celle du village voisin (les Velrans).
Le guerrier est rentré d’une bataille calamiteuse pour son camp, les habits en loques…
Mais si le père savait tout ce qui se passe dans les bois, près de « la Saute », il s’étranglerait de rage !

Une adaptation au plus près des dialogues de l’œuvre de Louis Pergaud, qui garde ici toute sa verve.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre des boutons »

Dans son adaptation graphique du classique de Louis Pergaud, Bruno Heitz restitue toute la saveur de cette histoire emblématique de la littérature jeunesse. L’illustrateur parvient à capturer l’essence même de ce récit rural de la fin du XIXe siècle, où deux bandes rivales de garçons, les Longevernes et les Velrans, s’affrontent dans une guerre sans merci dont l’enjeu est la confiscation des boutons des vaincus.

Le talent de Bruno Heitz réside dans sa capacité à conserver la truculence du langage d’origine tout en apportant, par son trait simple mais expressif, une dimension visuelle qui rend l’œuvre parfaitement accessible aux jeunes lecteurs contemporains. Son style graphique, sans chichis mais précis, sert admirablement le propos et l’atmosphère campagnarde du récit.

Ce qui fait la force de cette adaptation, c’est l’intelligence avec laquelle Bruno Heitz aborde la campagne et son talent d’observateur. Il parvient à restituer la véritable violence qui traverse le roman original, souvent édulcorée dans d’autres adaptations. Sa narration fidèle des principaux épisodes, couplée à son sens du détail et de la mise en page, donne une nouvelle vie à cette histoire intemporelle.

Une œuvre réjouissante qui, tout en respectant la lettre et l’esprit de Louis Pergaud, offre aux lecteurs dès 9 ans une porte d’entrée idéale vers ce monument de notre patrimoine littéraire.

Les Voyages d’Alix – La Grèce (1)

Album publié en 1997 aux Editions Orix.


couverture bd Les Voyages d'Alix - La Grèce (1)

Qui visite aujourd’hui les ruines prestigieuses des grands sites archéologiques grecs, imagine difficilement leur éclatante majesté aux temps de la splendeur de Delos, Delphes ou Olympie. Voici reconstitués les monuments et revenue la couleur, voici les costumes et les hommes rendus à la vie.

Voyager avec Alix, c’est partager sa passion de la découverte et revivre l’histoire de l’Antiquité, comme une grande aventure au présent.
C’est explorer, à travers des images fortes et vraies, sites et monuments, villes et campagnes. C’est rencontrer chez eux des gens tels qu’ils vivaient à Athènes, Rome ou Karnak, il y a des milliers d’années.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Voyages d’Alix – La Grèce (1) »

Avec Les Voyages d’Alix – La Grèce (1), Jacques Martin et Pierre de Broche signent un ouvrage remarquable, à la croisée du documentaire et de la bande dessinée, qui invite le lecteur à une immersion érudite au cœur de la Grèce antique.
Guidé par Alix et son fidèle Enak, le lecteur découvre non seulement les sites majeurs tels que Delphes, Olympie, Corinthe ou Rhodes, mais aussi l’intimité de la vie quotidienne grecque, de l’architecture aux coutumes, en passant par les costumes et le mobilier.

L’approche narrative, fidèle à l’esprit de la série, privilégie la transmission du savoir sans jamais sacrifier l’élan de l’aventure. Les thèmes majeurs — la découverte, la transmission culturelle, la fascination pour le patrimoine méditerranéen — sont portés par des personnages dont la curiosité et la droiture servent de fil conducteur. Alix, archétype du jeune héros humaniste, incarne le regard moderne posé sur l’Antiquité, tandis qu’Enak apporte une touche de complicité et d’ouverture sur l’autre.

extrait bd Les Voyages d'Alix - La Grèce (1)

Graphiquement, Pierre de Broche excelle dans la restitution minutieuse des paysages et monuments, offrant des planches d’une grande précision documentaire. Le trait, rigoureux et élégant, s’inscrit dans la tradition de la « ligne claire », conférant à chaque scène une lisibilité et une beauté qui rendent hommage à la majesté de la Grèce antique. Les couleurs sobres et les compositions soignées accentuent le sentiment d’immersion et d’émerveillement

En conclusion, Les Voyages d’Alix – La Grèce (1) s’impose comme une référence incontournable pour les amateurs de bande dessinée historique et les passionnés d’Antiquité.

Dunkerque 1940

Album publié en 2025 aux Editions Casterman.


couverture bd Dunkerque 1940

Avec un premier chapitre qui évoque le 10 mai 1940, l’invasion de la Belgique, de la France et du Pays-Bas par l’Allemagne nazie.


Le reste de l’album se situe à Dunkerque et aux environs, il retrace la bataille de Dunkerque à partir du 20 mai, l’Opération Dynamo du 26 mai au 3 juin, la résistance héroïque du Fort des Dunes, Dunkerque sous l’occupation avec la vie quotidienne, la libération en mai 1945 par des troupes canadiennes et tchèques.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Dunkerque 1940 »

Publié en juin 2025 chez Casterman, cet album-documentaire réunit le talent de plusieurs artistes autour du héros de Jacques Martin pour revisiter l’un des épisodes majeurs de 1940. Patrick Oddone, docteur en histoire et président de la Société Dunkerquoise d’Histoire et d’Archéologie, apporte ici son expertise sur le conflit dunkerquois, tandis que les dessinateurs Olivier Weinberg, Pierre Legein et Yves Plateau mettent en images cette chronique historique.

L’album débute le 10 mai 1940 avec l’invasion de la Belgique, des Pays-Bas et de la France par l’Allemagne nazie, avant de se concentrer sur la bataille de Dunkerque. Le récit détaille l’Opération Dynamo (26 mai-3 juin), qui permit l’évacuation de près de 340 000 soldats alliés, la résistance héroïque du Fort des Dunes où périt le général Janssen, puis la vie sous l’Occupation et la libération de mai 1945 par les troupes canadiennes et tchèques.

extrait bd Dunkerque 1940

Le format hybride combine bande dessinée, textes explicatifs et photographies d’archives, dans la lignée des précédents Reportages de Lefranc consacrés au Débarquement ou au Mur de l’Atlantique. Les illustrations, fidèles à l’héritage graphique de Jacques Martin, allient précision documentaire et ligne claire, rendant accessible un événement complexe sans sacrifier la rigueur historique.

Cette réalisation offre un remarquable outil pédagogique qui dépasse le simple récit d’aventure pour devenir un véritable témoignage visuel de l’un des moments charnières de la Seconde Guerre mondiale.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Dunkerque

Le Fantôme de l’Opéra – Seconde partie

Album publié en 2013 aux éditions Gallimard.


Résumé éditeur

D’après le roman de Gaston Leroux publié le 23 septembre 1909.

couverture bd Le Fantôme de l'Opéra - Seconde partie

Suite et fin de cette adaptation à l’intrigue envoûtante, entre histoire d’amour, récit policier et fantastique.

Après avoir provoqué une série de drames à l’Opéra Garnier, le ténébreux «Fantôme» enlève une nouvelle fois Ingrid, la jeune cantatrice qu’il semble avoir envoûtée.
En suivant les traces de son rival, Pierre de Chagny découvre de sombres horreurs dans les sous-sols de l’Opéra…
Un voyage en enfer qui le mène bien au-delà de ce qu’il aurait pu imaginer.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Fantôme de l’Opéra – Seconde partie »

Christophe Gaultier conclut magistralement son adaptation du classique de Gaston Leroux dans ce second tome paru chez Gallimard en 2013. Cette finale nous plonge dans les profondeurs de l’Opéra Garnier où Pierre de Chagny poursuit le mystérieux fantôme qui a enlevé, une fois de plus, la jeune cantatrice Ingrid.

L’auteur excelle dans la transcription de l’atmosphère gothique et oppressante du roman original. La descente aux enfers de Pierre dans les souterrains parisiens devient une métaphore puissante de l’exploration des abîmes de l’âme humaine. Le triangle amoureux tragique atteint ici son paroxysme, révélant toute la complexité des personnages, particulièrement celle d’Erik, ce fantôme déchiré entre amour obsessionnel et rédemption.

extrait bd Le Fantôme de l'Opéra - Seconde partie

Le trait épais et expressionniste de Christophe Gaultier, rehaussé par l’extraordinaire travail chromatique de Marie Galopin, contribue pleinement à l’intensité émotionnelle du récit. Les visages, bien que peu détaillés, sont paradoxalement très expressifs, traduisant avec justesse les tourments intérieurs. Les cadrages impeccablement posés alternent entre pauses contemplatives et mouvements dramatiques, maintenant constamment le lecteur en haleine.

Cette adaptation fidèle du chef-d’œuvre de Gaston Leroux captivera les amateurs de récits gothiques et de bandes dessinées d’atmosphère sombre. Christophe Gaultier réussit le tour de force de nous faire ressentir l’écho lointain des notes d’orgue du fantôme, résonnant dans les souterrains labyrinthiques de l’Opéra, et ce … jusqu’à la dernière page.


Le Fantôme de l’Opéra – Première partie

Album publié en 2011 aux éditions Gallimard.


Résumé éditeur

D’après le roman de Gaston Leroux publié le 23 septembre 1909.

couverture bd Le Fantôme de l'Opéra - Première partie

Paris, 1878.
Des drames inexpliqués secouent l’opéra Garnier : un machiniste est retrouvé pendu au bout d’une corde et le grand lustre se décroche en pleine représentation.
Un mystérieux « fantôme de l’Opéra » hante les lieux, se livrant à un étrange chantage…

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Fantôme de l’Opéra – Première partie »

Dans cette première partie du « Fantôme de l’Opéra« , Christophe Gaultier offre une adaptation saisissante du célèbre roman de Gaston Leroux. Publiée en 2011 chez Gallimard, cette bande dessinée nous plonge dans le Paris de 1878, où d’inexplicables événements bouleversent l’Opéra Garnier : un machiniste retrouvé pendu, un lustre qui s’écrase en pleine représentation et un mystérieux fantôme exigeant tribut.

Christophe Gaultier conserve admirablement l’essence du récit original tout en l’adaptant parfaitement au médium graphique. Le triangle amoureux entre Ingrid Daaé, Pierre de Chagny et le Fantôme est au cœur de la narration, explorant les thèmes de la passion dévorante, de la difformité et de l’art comme rédemption. L’emprise presque surnaturelle du Fantôme sur la cantatrice devient palpable, transformant cette dernière en véritable artiste.

Le style graphique, délibérément sombre, épouse parfaitement l’ambiance gothique du récit. Le trait épais de Christophe Gaultier confère une profondeur remarquable aux planches, tandis que son dessin, suggérant les atmosphères plutôt que s’attardant sur les détails, crée une tension constante. Les couleurs de Marie Galopin accentuent cette atmosphère lugubre, jouant sur des contrastes subtils qui servent admirablement l’intrigue.

Cette bande dessinée séduira les amateurs d’ambiances oppressantes et de récits fantastiques. Christophe Gaultier, coutumier des histoires sombres, trouve ici un terrain d’expression idéal. Premier volet d’un diptyque prometteur, cette adaptation réussie nous fait attendre la suite avec une impatience.


Moi, Jules César 

Albums publiés en 2025 aux Editions Allary.


La vie de Jules César (100 -44 avant J.C.) est un thriller épique.
Cette bande dessinée est une enquête historique impressionnante, et le récit d’un destin hors norme.

Comment Jules, adolescent chétif et désargenté, est-il devenu César, l’homme le plus puissant du monde ?
Comment a-t-il pu terrasser tous ses ennemis, et mourir assassiné par ses amis ?

Nourri par un impressionnant travail de reconstitution historique, cette biographie nous fait vivre son incroyable destin.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Moi, Jules César »

Fruit d’une enquête journalistique de trois ans menée sur trois continents, « Moi, Jules César » d’Alfred de Montesquiou et Névil nous plonge dans l’intimité du plus célèbre des Romains avec une ambition rare. Prolongement de la série documentaire réalisée par Alfred de Montesquiou, cette bande dessinée de 256 pages parvient à désacraliser le mythe tout en magnifiant l’homme.

La BD s’articule comme une autobiographie fictive en onze chapitres, nous faisant revivre le parcours extraordinaire de ce patricien désargenté devenu maître du monde. Le récit démarre la veille des ides de mars 44 av. J.-C.
Au-delà des batailles spectaculaires et des intrigues politiques, c’est l’exploration psychologique d’un stratège visionnaire qui fascine, révélant un animal politique moderne, capable de court-circuiter les institutions pour s’adresser directement au peuple.

extrait bd Moi, Jules César

Graphiquement, le trait précis et dynamique de Névil, sublimé par les couleurs de Vérane Otéro, offre une reconstitution historique impressionnante. Chaque lieu, chaque monument est restitué avec minutie, fruit d’un travail documentaire colossal auprès de 32 historiens contemporains.

Cette fresque épique dépoussière notre vision de César en montrant l’homme derrière le mythe : tantôt brillant réformateur, tantôt stratège impitoyable. Un ouvrage essentiel qui, par sa rigueur historique comblera autant les passionnés d’histoire que les amateurs de bandes dessinées de qualité.

D’Oléron à Sedan 1914-1918

Album publié en 2018 aux Editions Geste.


couverture bd D'Oléron à Sedan 1914-1918

Paul Devin, notaire à Sedan, chef de bataillon au 46e Territorial, et son épouse Marthe, infirmière de l’Association de Dames Françaises (composante féminine de la Croix Rouge), accompagnés de leurs filles Elisabeth et Jeanne, passent l’été 1914 dans leur maison de vacances à Saint Denis d’Oléron.
Mais le 1er août, les tambours de la mobilisation vont bouleverser leurs vacances… et leur vie à jamais !
Séparés durant quatre longues années, au milieu d’un conflit mondial, Marthe et Paul ne cesseront jamais de correspondre et d’écrire leur histoire.
Vous la tenez entre vos mains.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « D’Oléron à Sedan 1914-1918 »

Dans cette bande dessinée historique émouvante, les auteurs Dominique Abit, Emmanuel Beaudry et l’illustratrice Céladone nous plongent dans l’intimité d’un couple séparé par la Grande Guerre.
Inspirée d’archives familiales authentiques, l’œuvre retrace le parcours de Paul Devin, notaire à Sedan mobilisé comme chef de bataillon, et de son épouse Marthe, infirmière pour l’Association des Dames Françaises.

extrait bd D'Oléron à Sedan 1914-1918

L’album excelle dans sa représentation du déchirement familial provoqué par le conflit. À travers leur correspondance, nous suivons ces deux destins parallèles : Paul au front et Marthe organisant des « ambulances » (unités médicales) à Sedan. Cette double perspective offre un regard nuancé sur l’expérience de guerre, loin des récits héroïques conventionnels. Le récit débute par l’insouciance des vacances estivales à Saint-Denis-d’Oléron, brutalement interrompues par les tambours de la mobilisation du 1er août 1914.

Le format choisi restitue avec authenticité la correspondance entre deux êtres qui « ne cesseront jamais de s’écrire » malgré quatre années de séparation.

Une œuvre touchante qui rappelle que derrière les grands événements historiques se cachent d’innombrables destins bouleversés. Recommandée particulièrement aux jeunes lecteurs comme introduction accessible à la Première Guerre mondiale.

Mélusine, Fée serpente – Intégrale

Album publié aux éditions Geste en 2017.


Adapté de l’œuvre de Jean d’Arras composée en 1392 et 1394.

couverture bd Mélusine, Fée serpente - Intégrale

Née sous le nom de Mélusine, à la fin du XIVe siècle dans le roman de Jean d’Arras, souvent « imaginée » dans les enluminures du Moyen Âge, l’amoureuse passionnée qui fait chavirer le cœur de Raymondin, revit aujourd’hui dans une bande dessinée pleine de passion, de haine, de métamorphoses et de rebondissements.
L’histoire de la fée poitevine qui veut redevenir femme mortelle est à la fois humaine et surnaturelle.
Redécouvrez cette héroïne troublante et tragique dans une adaptation libre, moderne et documentée.
Mais attention… il y a quelques risques à épouser une légende !
L’histoire de Mélusine, fée poitevine désirant redevenir femme mortelle. Adaptation libre de Mélusine : roman du XIVe siècle de Jean d’Arras. Avec un dossier sur les coulisses de l’album.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Mélusine, Fée serpente – Intégrale »

Pas encore d’avis.


Mélusine, Fée serpente – Tome 2 – Geoffroy la Grand’Dent

Album publié aux éditions Geste en 2001.


Adapté de l’œuvre de Jean d’Arras composée en 1392 et 1394.

couverture bd Mélusine, Fée serpente - Tome 2 - Geoffroy la Grand'Dent

Mélusine, fée bâtisseuse de tant de forteresses en Poitou, s’est aussi donnée une descendance étonnante : pas moins de dix garçons, tous touchés du sceau de la malédiction familiale ! L’aîné, le géant Geoffroy la Grand’Dent, n’est pas le moins impressionnant de ces gaillards. Violent, imprévisible, Geoffroy marque à jamais l’illustre lignée…

Dans ce deuxième volet de Mélusine, Fée serpente, les auteurs ont à nouveau pris des libertés avec la légende et le mythe pour mieux exacerber les passions et développer des rencontres inattendues, inoubliables. Retrouvez Mélusine et Raymondin, Geoffroy et ses frères maudits, le neveu Gauscelin, sa mère Audeburge, sa sœur Blanche… dans un spectacle haut en couleurs qui allie Histoire médiévale et drame fantastique.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Mélusine, Fée serpente – Tome 2 – Geoffroy la Grand’Dent »

Avec ce second tome, Didier Quella-Guyot (scénario) et Sophie Balland (dessin) poursuivent leur adaptation ambitieuse de la légende médiévale de Mélusine, figure emblématique du folklore poitevin. L’album s’ancre dans le contexte du XIVe siècle, période où la fée-serpent, popularisée par Jean d’Arras, incarne la frontière trouble entre humanité et merveilleux. Ce volume met en lumière Geoffroy la Grand’Dent, fils aîné de Mélusine.

Le scénario explore la dualité des personnages, tiraillés entre héritage féerique et destin humain. Geoffroy, à la fois géant et chevalier, fascine par sa force sauvage tempérée d’une quête de justice, évoquant la difficulté de concilier deux natures opposées

Graphiquement, le trait de Sophie Balland se distingue par une expressivité et une palette chromatique qui oscille entre onirisme et réalisme. Les scènes de métamorphose et de confrontation sont servies par une mise en page dynamique, soulignant la tension dramatique et la richesse émotionnelle des personnages.

Ce tome s’adresse aux amateurs de récits médiévaux revisités. Une bande dessinée érudite et sensible, qui renouvelle avec talent la légende de Mélusine sans jamais trahir ses racines historiques.


Mélusine, Fée serpente – Tome 1 – La Grand’Goule

Album publié aux éditions Geste en 2000.


Adapté de l’œuvre de Jean d’Arras composée en 1392 et 1394.

couverture bd Mélusine, Fée serpente - Tome 1 - La Grand'Goule

Née sous le nom de Mélusine, à la fin du XIVᵉ siècle dans le roman de Jean d’Arras, souvent « imaginée » dans les enluminures du Moyen Âge, l’amoureuse passionnée qui fait chavirer le cœur de Raymondin, revit aujourd’hui dans une bande dessinée pleine de passions, de haines, de métamorphoses et de rebondissements.

L’histoire de la fée poitevine qui veut redevenir femme mortelle est à la fois humaine et surnaturelle.
Redécouvrez cette héroïne troublante et tragique dans une adaptation libre, moderne et documentée.
Mais attention… Il y a quelques risques à épouser une légende !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Mélusine, Fée serpente – Tome 1 – La Grand’Goule »

Didier Quella-Guyot et Sophie Balland proposent avec ce premier tome une réinterprétation du roman de Jean d’Arras (1392-1394), donnant une nouvelle vie à l’une des figures les plus fascinantes de l’imaginaire médiéval français. 
Cette adaptation libre transpose l’histoire de la fée poitevine dans le langage contemporain de la bande dessinée, sans trahir l’essence du mythe originel.

La BD explore avec subtilité les thèmes universels de l’amour interdit et de la transgression du tabou. La relation entre Mélusine et Raymondin transcende le simple récit merveilleux pour questionner les fondements du couple et de la confiance mutuelle. Didier Quella-Guyot parvient à insuffler une dimension psychologique moderne aux personnages médiévaux, créant une tension scénaristique palpable autour du secret que doit garder Raymondin.

Sophie Balland déploie un style graphique qui allie « mystère et sensualité », parfaitement adapté à cette histoire d’amour surnaturel. Son approche « réaliste classique » enrichie d’une mise en page dynamique et moderne crée un équilibre visuel saisissant entre ancrage historique et accessibilité contemporaine. Les métamorphoses de Mélusine bénéficient d’un traitement graphique particulièrement réussi.

Cette adaptation constitue une introduction à la richesse de la littérature médiévale française, recommandée tant aux amateurs de bandes dessinées historiques qu’aux passionnés de légendes.