Auteur/autrice : Sébastien D

Le Seigneur des rats

Album publié en 2025 aux éditions Alifbata.


Résumé éditeur

Adapté de la nouvelle de Gilbert Naccache écrite en 1976.

Un vieux carnet manuscrit est retrouvé sur une plage. Son auteur, professeur d’histoire, y raconte comment il assiste, impuissant, à l’invasion de son appartement par des rats, tandis que son fidèle compagnon, le chat Nénuphar, laisse faire, impassible.
Ce crescendo de tension plonge le lecteur dans les obsessions de l’antihéros qui découvre bientôt que toute sa ville, pire même, la Terre entière, sont submergées par les rongeurs. La panique se généralise, les gouvernements déclarent l’état d’urgence, les armées sont déployées, les médias réquisitionnés, des quartiers entiers rasés.

En vain : les rats semblent avoir pris le contrôle. Mais dans un magistral retournement de situation, présent en filigrane dès les premières pages, les rôles se brouillent. Qui sont les victimes ? Qui sont les coupables ? Et qui sont les véritables bourreaux ?


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Seigneur des rats »

Adaptée de la nouvelle écrite en 1975 par Gilbert Naccache durant sa détention sous le régime de Bourguiba, Le Seigneur des rats renaît en 2025 sous la forme d’un roman graphique puissant, mis en images par le dessinateur et cyberactiviste tunisien Z (auteur du blog debatunisie.com). Cette œuvre, née dans les geôles tunisiennes, s’impose aujourd’hui comme une allégorie saisissante des dérives autoritaires et des luttes pour la liberté, plus actuelle que jamais.

La narration, structurée autour du carnet d’un professeur d’histoire, nous plonge dans une montée en tension : l’invasion inexorable de rats, d’abord confinée à un appartement, finit par submerger la ville, puis le monde entier. À travers ce récit d’anticipation, Gilbert Naccache interroge la nature du pouvoir, la servitude volontaire et la peur collective, brouillant sans cesse les frontières entre victimes et bourreaux. L’antihéros, épaulé par son chat Nénuphar, incarne la perplexité et l’impuissance de l’individu face à la déferlante totalitaire.

extrait bd Le Seigneur des rats

Le style graphique de Z, incisif et expressif, amplifie la force du propos. Son trait acéré, hérité de la satire politique, insuffle à chaque planche une tension palpable, rendant l’allégorie d’autant plus percutante. Les ambiances sombres et les compositions resserrées traduisent l’enfermement psychologique du narrateur, tandis que la figure du rat, omniprésente, devient le symbole d’une société sous emprise.

Un ouvrage essentiel, à la fois hommage aux prisonniers d’opinion et miroir des inquiétudes contemporaines. A lire.

Le Serpent majuscule

Album publié en 2025 aux éditions Rue de Sèvres.


Résumé éditeur

Adapté du roman de Pierre Lemaitre publié le 12 mai 2021.

couverture bd Le Serpent majuscule

Mathilde est une tueuse à gages septuagénaire. Henri, son ancien camarade dans la Résistance pour qui elle exécute les missions, tente de la protéger. Mais, imprévisible, les accès de violences de Mathilde et son manque de discrétion inquiètent ses véritables commanditaires qui décident de l’éliminer avant qu’elle ne devienne incontrôlable.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Serpent majuscule »

Le Serpent majuscule de Dominique Monféry, adaptation en bande dessinée du premier roman de Pierre Lemaitre, s’impose comme un polar graphique d’une rare originalité. Plongée dans la France des années 1980, l’œuvre met en scène Mathilde, septuagénaire à l’apparence inoffensive, mais tueuse à gages redoutable, dont les accès de violence et la discrétion déclinante inquiètent ses commanditaires, anciens camarades de la Résistance.

La narration, portée par l’humour noir et le ton pince-sans-rire de Pierre Lemaitre, oscille entre jubilation macabre et émotion sourde. Mathilde, loin des archétypes du genre, séduit par sa complexité : femme vieillissante, oscillant entre lucidité et premiers signes de déclin, elle navigue dans une spirale sanglante où l’humanité affleure derrière la brutalité. Le récit, dense et fluide, multiplie les rebondissements et dresse une galerie de personnages secondaires attachants.

extrait bd Le Serpent majuscule

Graphiquement, Dominique Monféry sublime le scénario par un style pastel et aquarelle, rehaussé de tons sépia qui évoquent magnifiquement l’atmosphère rétro des années 80. Les visages expressifs, le découpage classique dynamisé lors des scènes d’action, et la colorisation subtile confèrent à l’ensemble une dimension cinématographique. Chaque planche, loin de l’exercice de style, sert la tension et l’ironie du récit.

Le Serpent majuscule s’adresse aux amateurs de polar noir, de récits atypiques et de personnages hors normes. Un album à la fois jubilatoire et implacable, qui renouvelle le genre avec une audace réjouissante et un sens du détail graphique remarquable. À découvrir sans hésitation !

Tu mourras moins bête – Tome 1 – La science c’est pas du cinéma !

Bande dessinée publiée en 2021 aux éditions Ankama.


couverture bd Tu mourras moins bête - Tome 1 - La science c'est pas du cinéma !

Si vous avez toujours rêvé de manier le sabre laser ou de rétrécir vos gosses, réveillez-vous : le cinéma, c’est pipeau et compagnie !

La célèbre Professeure Moustache épluche les aberrations scientifiques qui peuplent vos films et séries préférées.

La science, ce n’est peut-être pas du cinéma, mais avec la Prof Moustache, c’est terriblement drôle !

Car l’objectif, à la fin de chaque article, reste avant tout d’avoir un peu appris, mais aussi beaucoup ri !


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Tu mourras moins bête – Tome 1 – La science c’est pas du cinéma ! »

Avec Tu mourras moins bête – Tome 1 : La science, c’est pas du cinéma !, Marion Montaigne nous livre une bande dessinée à la fois hilarante et instructive, où le savoir scientifique se mêle à l’absurde pour mieux démonter les idées reçues.

Armée de son trait volontairement brouillon, mais diablement efficace, elle embarque le lecteur dans une exploration décalée des clichés scientifiques véhiculés par le grand écran.

extrait bd Tu mourras moins bête - Tome 1 - La science c'est pas du cinéma !

L’originalité du concept réside dans cette capacité à vulgariser des notions parfois complexes avec une approche humoristique et accessible. Chaque chapitre prend la forme d’une question fictive posée à la Professeure Moustache, son alter ego moustachu et sarcastique, qui s’empresse de démonter avec ironie les absurdités des blockbusters ou des séries télévisées. Ce format rythmé maintient l’intérêt du lecteur tout en lui apportant une véritable matière scientifique.

L’humour mordant, mêlant autodérision et références culturelles, fait mouche à chaque page. On rit autant que l’on apprend, et l’auteure réussit à éviter l’écueil du didactisme pesant en optant pour un ton volontairement léger et caricatural.

Ce premier tome s’impose comme une réussite indéniable : une lecture agréable pour les amateurs de science qui prouve que l’apprentissage peut être aussi drôle que captivant.

Le bruit de la machine à écrire

Album publié en 2018 aux éditions Steinkis.


Résumé éditeur

couverture bd Le bruit de la machine à écrire

Comme beaucoup d’intellectuels allemands, Christa Winsloe a fui son pays. Elle décide avec sa compagne Simone Gentet, de s’installer à Cluny. Elles ouvrent un compte en banque, adoptent un chat, correspondent avec la Kommandantur pour obtenir des papiers, s’enivrent dans les cafés, Simone traduit les textes de Christa, la nuit, à la machine à écrire…

Il n’en faudra pas plus à un groupe de volontaires refusés par la Résistance pour les accuser d’espionnage et abattre les deux femmes dans un bois en juin 1944.

En 1948 a lieu un procès. On préfère exalter la Résistance, se convaincre que tous en étaient… Verdict : acquittement.

Les archives étant désormais ouvertes, Hervé Loiselet s’est plongé dans le dossier du procès et nous livre l’histoire du meurtre de Christa Winsloe.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le bruit de la machine à écrire »

Avec « Le bruit de la machine à écrire« , Hervé Loiselet et Benoît Blary plongent le lecteur au cœur d’un drame historique oublié, offrant une bande dessinée à la fois sombre et captivante.

À travers une reconstitution minutieuse, les auteurs retracent le destin tragique de Christa Winsloe et Simone Gentet, exécutées sommairement en 1944 près de Cluny. La force de cet ouvrage réside dans sa capacité à lier l’intime à l’Histoire, dévoilant les mécanismes complexes de la mémoire et de la justice post-guerre.

Le scénario, tout en va-et-vient temporels, révèle l’incertitude et l’ambiguïté morale entourant ces événements. Cette structure narrative, bien que parfois déconcertante, renforce l’aspect documentaire de l’œuvre et incite à une réflexion profonde sur les zones d’ombre de la Libération.

Blary, de son côté, illustre cette histoire avec une intensité visuelle qui capte l’horreur et la brutalité des faits sans jamais sombrer dans le sensationnalisme.

Cette bande dessinée n’est pas qu’un simple exercice de style. Elle propose une véritable enquête historique, enrichie d’un dossier documentaire rigoureux, qui invite le lecteur à interroger les récits officiels et à comprendre les non-dits. Le livre se distingue ainsi par son approche pédagogique, réussissant à rendre accessible un sujet complexe tout en préservant sa gravité.

« Le bruit de la machine à écrire » est une œuvre audacieuse qui, par son ambition et sa profondeur, s’impose comme une lecture incontournable pour les passionnés d’histoire.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Cluny

Hitler doit mourir

Album publié en 2020 aux éditions Plein Vent.


Résumé éditeur

Ils avaient vu l’Allemagne, ce jeune et puissant empire, humiliée par la défaite de 1918. Ils rêvaient d’une revanche, d’une victoire éclatante. Ils s’étaient lancés avec enthousiasme dans l’aventure du IIIe Reich qui devait durer mille ans…

Mais ce Reich avait pris sous l’autorité d’Hitler un visage monstrueux. Ils avaient reconnu dans les nazis et leur Führer les pires ennemis de leur pays !

Ayant revêtu l’uniforme du guerrier pour servir leur patrie, ils n’allaient pas se détourner de leur devoir. Ils devaient mener le plus dur de tous les combats : affronter l’ennemi niché au cœur de leur patrie bien-aimée et disposant de toute la puissance d’un État totalitaire.

Le choix le plus difficile de leur vie était fait : Hitler devait mourir.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Hitler doit mourir »

Dans « Hitler doit mourir », Thomas Oswald et Philippe Chapelle nous offrent une immersion fascinante au cœur d’un des moments les plus critiques de la Seconde Guerre mondiale. À travers la figure de Claus von Stauffenberg, la bande dessinée retrace les étapes qui ont conduit cet officier allemand à tenter l’impossible : assassiner Adolf Hitler.

Le scénario, habilement ficelé par Oswald, ne se contente pas de relater les faits historiques. Il plonge le lecteur dans les tourments intérieurs de Stauffenberg, partagé entre son devoir militaire et son dégoût grandissant pour les horreurs du régime nazi. La narration, linéaire et rythmée, permet une progression fluide à travers les événements.

extrait bd Hitler doit mourir

Philippe Chapelle, quant à lui, livre un travail graphique remarquable. Son style, à la fois sombre et précis, colle parfaitement à l’ambiance pesante de l’histoire. Les reconstitutions des lieux et des personnages sont d’une grande justesse, et les choix de mise en scène accentuent la tension dramatique. Le dessin ne cherche pas à éblouir par une surenchère de détails, mais plutôt à servir un récit où chaque coup de crayon porte le poids de l’histoire.

« Hitler doit mourir » est une œuvre marquante qui réussit à captiver, tout en offrant un éclairage pertinent sur un épisode méconnu de la résistance allemande.

Une lecture incontournable pour les passionnés d’histoire et de bande dessinée.

À la recherche du temps perdu

Albums publiés en 2018 aux Editions Soleil.


Adapté de l’œuvre de Marcel Proust (publiée pour la première fois en 1913).

couverture bd À la recherche du temps perdu

« Mon existence a maintenant franchi les limites du temps et de l’espace. »

Découvrez l’histoire de la madeleine la plus connue du monde, enfin en manga !

A l’instant où Marcel, le narrateur, mit en bouche cette madeleine, il fut pris d’une étrange sensation : les souvenirs de son enfance ressuscitèrent.

En même temps qu’il les revoyait grandir, se présentait devant lui une fresque de la haute société d’avant et d’après la Première Guerre mondiale. Ainsi démarre un long voyage, à la recherche du temps perdu…



L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « À la recherche du temps perdu »

L’adaptation manga d’À la recherche du temps perdu par Variety Artworks, publiée dans le cadre de la collection « Manga de Dokuha« , est une œuvre audacieuse qui réussit à rendre accessible le chef-d’œuvre littéraire de Marcel Proust tout en respectant son essence.
Ce seinen, destiné à un public adulte, condense les thèmes complexes du roman original : la mémoire involontaire, le passage du temps et les subtilités des relations humaines dans le contexte de la haute société française d’avant et après la Première Guerre mondiale.

La narration conserve l’esprit méditatif de Marcel Proust, bien que simplifiée pour s’adapter au format manga. Le moment emblématique de la madeleine, déclencheur des souvenirs du narrateur, est traité avec une sensibilité qui invite à explorer les profondeurs de la mémoire et du temps. Malgré les inévitables coupures dans l’intrigue, l’adaptation parvient à capturer l’essence philosophique et émotionnelle de l’œuvre originale, offrant une introduction captivante à cet univers littéraire.

extrait bd À la recherche du temps perdu

Le dessin en noir et blanc, bien que minimaliste et parfois dépourvu d’une forte personnalité artistique, soutient efficacement le récit. La simplicité des traits met en valeur les émotions des personnages et les atmosphères nostalgiques, créant un contraste intéressant avec la richesse narrative. Ce choix stylistique rend l’œuvre accessible sans sacrifier sa profondeur.

Cette adaptation est une porte d’entrée idéale pour ceux qui souhaitent découvrir ou redécouvrir À la recherche du temps perdu. Elle séduira autant les néophytes curieux que les amateurs de littérature classique désireux d’explorer une interprétation visuelle. Pari réussi pour Variety Artworks : ce manga donne envie de plonger dans l’œuvre originale de Proust.

The young lion

Album publié en 2023 aux éditions Paquet.


Résumé éditeur

couverture bd The young lion

Dans le cimetière des héros, à la périphérie de Sopron, en Hongrie, il existe un monument spécial.

Une pierre tombale ornée d’une hélice tordue, celle d’un avion abattu pendant la seconde guerre mondiale. Un jeune homme repose ici avec sa famille. Son nom est László Molnár ; il fut jusqu’à sa mort le pilote de chasse le plus efficace de Hongrie. Son surnom était LION. Voici son histoire…

A partir du printemps 1944, d’énormes formations de bombardiers alliés survolent la Hongrie se dirigeant de l’Italie vers l’Allemagne ou même attaquant des cibles hongroises.

La grande surface d’eau du lac Balaton est un repère utile pour la navigation. Les pilotes hongrois appelaient cette période de la guerre aérienne « la saison américaine ». 

La performance du groupe « Puma » de l’armée de l’air royale hongroise est également légendaire parmi leurs adversaires. Voici leur histoire, voici l’histoire de quelques jeunes hommes confrontés à la violence de la guerre.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « The young lion »

Dans « The Young Lion« , Gyula Pozsgay propose une plongée poignante dans l’aviation hongroise de la Seconde Guerre mondiale, un sujet rarement exploré en bande dessinée.

Ce one-shot raconte l’histoire de László Molnár, jeune pilote hongrois, confronté aux défis incommensurables du front aérien en 1944. Pozsgay, à la fois scénariste et dessinateur, parvient à capturer la brutalité des combats avec une précision remarquable, tout en insufflant une dimension humaine à son protagoniste. Les illustrations, à la fois détaillées et immersives, contribuent à rendre palpable l’intensité des affrontements et l’isolement des pilotes.

Cependant, malgré la maîtrise visuelle indéniable, on pourrait reprocher au scénario une linéarité excessive, où l’approfondissement psychologique des personnages reste en retrait. Le récit semble parfois hésiter entre le drame historique et le documentaire, laissant ainsi quelques interrogations sur les motivations profondes des personnages secondaires.

extrait bd The young lion

Néanmoins, « The Young Lion » se distingue par sa capacité à mêler réalité historique et fiction avec une justesse touchante. Pozsgay rend hommage aux pilotes oubliés de l’histoire hongroise.

Cette bande dessinée, tout en nuances, est un témoignage vibrant du sacrifice de ces jeunes hommes. Pour les amateurs d’histoire et d’aviation, elle reste une œuvre incontournable, riche en émotions et en réflexions​.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Kharkiv

Les Gaulois – La fabuleuse Histoire de

Album publié aux éditions Robinson en 2022.


couverture bd Les Gaulois - La fabuleuse Histoire de

L’Histoire de France en bande dessinée !

Constituée d’une soixantaine de peuplades, la « nation gauloise » appartenait à un ensemble civilisationnel vaste, celui des celtes.


Rapidement romanisés, les gaulois ont prospéré durant les deux siècles de « paix romaine », jusqu’à à ce que vienne le temps des invasions « barbares » qui eut raison de l’empire romain d’occident.


Vercingétorix, le plus célèbre des gaulois, considéré comme une incarnation de l’unité nationale, reste aujourd’hui encore un personnage au parcours mystérieux…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Gaulois – La fabuleuse Histoire de »

Dans La Fabuleuse Histoire de – Les Gaulois, Hubert Chardot nous plonge avec brio dans un récit à la fois pédagogique et captivant. À travers une mise en scène soignée et un scénario fluide, cette bande dessinée parvient à restituer avec précision l’histoire de ces peuples fascinants, bien au-delà des clichés habituels.

La BD se distingue par son approche documentée, enrichie d’un travail iconographique remarquable. Chaque planche illustre avec rigueur les modes de vie, les batailles et les évolutions de la Gaule, tout en intégrant des annexes détaillées qui apportent un éclairage complémentaire. Ce va-et-vient entre fiction et documentation confère à l’album une réelle dimension éducative, accessible aux amateurs d’histoire comme aux néophytes.

extrait bd Les Gaulois - La fabuleuse Histoire de

Le personnage de Vercingétorix y est traité avec nuance, loin des représentations simplistes. Son affrontement avec Jules César est mis en scène avec une intensité dramatique..

Cette bande dessinée constitue une porte d’entrée idéale pour redécouvrir l’histoire gauloise sous un angle à la fois ludique et rigoureux.

Après la rafle

Album publié en 2025 aux Editions Les Arènes.


Jo Weismann, un destin :
L’un des derniers rescapés de la rafle du Vél’d’Hiv’
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Le 16 juillet 1942, les autorités de Vichy procédèrent à une rafle de familles juives parisiennes. Joseph et les siens furent conduits au Vélodrome d’Hiver, puis en wagons à bestiaux jusque dans le camp de transit de Beaune-la-Rolande.
Transit… Vers où ? Un matin, on arracha à Jo ses parents et ses deux sœurs, qui furent déportés à Auschwitz. À Beaune-la-Rolande, une autre guerre commença : celle d’un enfant de 11 ans perdu dans un camp d’orphelins.

La folle évasion d’un enfant innocent.
Joseph est jeune, mais il sent, comprend. Il monte un plan d’évasion avec un autre enfant : Joseph Kogan. Ensemble, ils se glissent sous 15 mètres de barbelés qu’ils  » détricotent  » à mains nues durant six heures d’affilée.
Une fois extirpés des barbelés, ils courent vers leur liberté, dans un monde devenu cauchemar. Ils se retrouveront des années après leur évasion, pour tenter de mettre du baume sur leurs souvenirs…
Depuis, Joseph Weismann, 93 ans aujourd’hui, participe à des conférences, des colloques, des débats, des films. Et il raconte.
Sa guerre à lui ne s’est jamais vraiment achevée. Mais nous sommes tous les héritiers de sa douleur et de ses espérances.
Un livre-témoignage bouleversant.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Après la rafle »

Après la rafle d’Arnaud Delalande (scénario) et Laurent Bidot (dessin), d’après le témoignage de Joseph Weismann, s’impose comme un ouvrage majeur du devoir de mémoire. Adaptant le récit autobiographique de l’un des derniers rescapés de la rafle du Vél’ d’Hiv’, cette bande dessinée restitue avec une justesse remarquable l’itinéraire d’un enfant juif confronté à la brutalité de l’Histoire, de l’arrestation à Paris en juillet 1942 jusqu’à l’évasion du camp de Beaune-la-Rolande, puis la difficile reconstruction.

Le scénario, structuré en flashbacks, explore la montée de l’antisémitisme, la violence de la collaboration d’État, mais aussi la force de l’amitié et de la résilience. On suit le regard d’un enfant qui pressent le drame sans jamais sombrer dans le manichéisme, ce qui confère à l’œuvre une dimension universelle.

extrait bd Après la rafle

Graphiquement, Laurent Bidot opte pour une ligne claire, expressive et sobre, qui sert l’émotion sans tomber dans le sensationnalisme. Les planches consacrées à l’évasion ou à l’attente dans le Vel’ d’Hiv’ frappent par leur intensité : la composition, les jeux d’ombres, les couleurs sourdes traduisent la tension, la peur, mais aussi l’espoir ténu qui subsiste.

Après la rafle est une œuvre essentielle, à la fois bouleversante et pédagogique, qui s’adresse autant aux adolescents qu’aux adultes. Elle transmet la nécessité de ne pas oublier, et offre un support précieux pour comprendre la Shoah à hauteur d’homme, ou plutôt d’enfant. Un album capital, à recommander dans tous les CDI, médiathèques et foyers soucieux de mémoire et d’humanité.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

Camp de Beaune-la-Rolande

Le procès

Bande dessinée publiée en 2009 aux éditions Actes Sud.


D’après le roman de Franz Kafka publié en 1925.

couverture bd Le procès

Adaptation du grand classique de Kafka par la grande dame de la BD Chantal Montellier.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le procès »

Chantal Montellier, figure emblématique de la bande dessinée militante, s’attaque à Le Procès de Kafka avec une adaptation qui frappe par son audace et sa noirceur. Cette bande dessinée, loin d’être une simple reproduction du texte original, se distingue par une relecture qui épouse la perspective singulière de Montellier, teintée de dystopie et de critique sociale.

Le trait anguleux et sombre de Montellier, couplé à une mise en scène visuelle oppressante, plonge le lecteur dans une atmosphère de claustrophobie psychologique. Chaque page est une immersion dans l’absurde kafkaïen, où l’individu est broyé par des mécanismes bureaucratiques inhumains. Cette approche visuelle confère une dimension encore plus inquiétante au récit, où la froideur des dessins renforce la déshumanisation du protagoniste, Josef K.

Si l’adaptation respecte le fond du roman, Montellier y injecte sa propre critique des structures de pouvoir modernes, élargissant ainsi le propos de Kafka pour en faire une réflexion sur notre époque. Toutefois, cette lecture n’est pas sans risque. On pourrait reprocher à Montellier une trop grande appropriation de l’œuvre originale, altérant ainsi son ambiguïté propre.

Le Procès version Montellier est une œuvre à part entière, qui témoigne d’une rencontre féconde entre deux univers, celui de Kafka et celui de Montellier, où la révolte contre l’injustice devient une toile de fond aussi oppressante que fascinante.