Colorado train
Album publié en 2022 aux Editions Sarbacane.
Résumé éditeur
Adapté du roman de Thibault Vermot publié pour la première fois le 6 septembre 2017.

Milieu des années 1990, une ancienne ville minière écrasée de toutes parts par les montagnes rouges du Colorado.
C’est dans cette Amérique » profonde « , oubliée dans une décennie de prospérité économique, que grandit Michael, un ado paumé style skateur cheveux mi-longs baggy hoody et converses.
Il y a aussi Durham, le gamin SDF accro au crack ; le gros Don, qui s’efforce d’échapper aux brutes du collège ; et, bien sûr, Suzy, la rebelle androgyne, toujours un coquard au coin de l’oeil laissé par son shérif de père.
Mais la vie est belle parfois, entre le skate l’école, buissonnière, les rêves, les premières fois, de l’amour aux bières, tout ça sous le soleil cuisant de juillet…
Jusqu’au jour où un gosse de la ville qui avait disparu est retrouvé à moitié dévoré. Aussitôt, les quatre potes décident d’enquêter.
Dans l’ombre, le tueur – la Chose ? – les regarde s’agiter. Et bientôt les prend en chasse.
La bd « Colorado train » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Colorado train »
Une petite ville minière du Colorado, écrasée par des montagnes rouges et par l’ennui : voilà le décor où Alex W. Inker installe Colorado Train, adaptation du roman de Thibault Vermot dont il signe seul le dessin et le scénario. Nous sommes au milieu des années 1990. Michael, Suzy, le gros Don et Durham, le gamin des rues, tuent le temps sur leurs skates, le long des voies ferrées, loin des pères violents et des brutes du lycée. Leur amitié bascule le jour où la mort rôde vraiment, et où un tueur se met à les observer.
Alex W. Inker tient ensemble deux registres qui pourraient s’exclure. Il y a d’abord la chronique sociale, ce portrait d’une Amérique oubliée par la prospérité, faite de mines fermées, de familles cabossées et d’adolescents livrés à eux-mêmes. Il y a ensuite le polar, le glissement vers l’horreur, la peur qui monte à mesure que le prédateur se rapproche. Le récit doit beaucoup aux quatre gamins, dont les gueules et les fêlures inspirent un attachement immédiat, cet écho du film Stand by me où l’enfance croise pour la première fois la violence du monde. .

Le dessin d’Alex W. Inker fait la force du livre. Son noir et blanc travaillé au pinceau, brut et contrasté, sculpte les ombres d’une ville où tout semble sale et clos. Les nappes d’encre noire installent une atmosphère poisseuse, entre le film social et le cauchemar, qui doit autant au cinéma qu’à la bande dessinée.
Sous le noir et blanc poisseux d’Alex W. Inker, une bande d’ados sur leurs skates découvre que la violence du monde ne se contourne pas.




