Irina, Journal d’une bibliothécaire à Kiev pendant l’occupation allemande

Album publié en 2026 aux Editions Petit à Petit.


Adapté du livre d’Irina Khorochounova publié le 19 septembre 2018.

couverture bd Irina, Journal d'une bibliothécaire à Kiev pendant l'occupation allemande

1941-43 : jeune bibliothécaire issue de la bourgeoisie russe, Irina Khorochounova consigne dans son journal les événements survenant à Kiev, alors occupée par les Allemands.
La collaboration, les pillages, le marché noir, les arrestations, les expulsions et les exécutions créent un climat de terreur sans pareil dans la capitale ukrainienne.
Le récit du martyre spécifique des Juifs dans cet océan de violences peuple les écrits d’Irina.
Son journal, traduit en français par Boris Czerny et adapté en bande dessinée par Brrémaud et Bauer, livre un témoignage inédit sur la Seconde Guerre mondiale telle que vécue par les civils de Kiev.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Irina, Journal d’une bibliothécaire à Kiev pendant l’occupation allemande »

Adapté du journal authentique d’Irina Khorochounova, Irina, Journal d’une bibliothécaire à Kiev pendant l’occupation allemande donne une forme graphique à un témoignage longtemps resté inédit. Le scénario de Frédéric Brrémaud et le dessin de Jean-Claude Bauer s’appuient sur la traduction et le travail d’archives de l’historien Boris Czerny, qui exhuma ce manuscrit en enquêtant sur le massacre Babi Yar.

Le récit épouse le point de vue d’une femme singulière : issue d’une famille aristocratique russe brisée par le stalinisme, Irina Khorochounova n’est ni juive ni ukrainienne, mais se retrouve employée dans une bibliothèque dirigée par l’occupant qui en pille les collections. De ce poste ambigu, elle consigne au jour le jour la collaboration, le marché noir, les rafles pour le travail forcé et, en leitmotiv, le martyre des Juifs. La force du portrait tient à ce refus des oppositions simples : Irina Khorochounova observe les lâchetés, les accommodements, sa propre position inconfortable, tout en cachant un ami juif. Le massacre de Babi Yar, en septembre 1941, hante le récit sans jamais être mis en avant.

Le dessin réaliste de Jean-Claude Bauer, qui suivit jadis le procès de Klaus Barbie, sert cette exigence de vérité. Son trait documentaire restitue la Kiev occupée, ses files d’attentes, ses ruines et ses visages inquiets. Sa retenue épouse la sobriété reconnue du journal d’origine. La mise en images ancre l’abstraction du crime de masse dans le quotidien concret d’une survivante.

L’ensemble compose un témoignage graphique rigoureux et nécessaire. On le recommandera aux lecteurs attentifs à l’histoire de la Shoah par balles et du front de l’Est, encore trop peu représenté en bande dessinée.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

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