J’ai arrêté Otto Abetz – L’Ambassadeur de Hitler en France

Album publié en 2026 aux éditions Presses de la Cité.


Résumé éditeur

couverture bd J'ai arrêté Otto Abetz - L'Ambassadeur de Hitler en France

L’histoire vraie d’un héros méconnu.
Seconde Guerre mondiale.
Joachim Eisack
, un Juif allemand réfugié dans la région lyonnaise, s’engage dans la Résistance.
Après avoir participé à la libération de la France en 1944, il retourne en Allemagne comme inspecteur de la Sûreté pour dénazifier la zone française occupée de Säckingen.
C’est là que, seul, il remonte la piste qui le conduira à découvrir où se cache, sous une fausse identité, Otto Abetz, ex-ambassadeur du Reich en France et général de la SS.
Il orchestrera son arrestation le 25 octobre 1945 et contribuera à retrouver le trésor du Werwolf (tableaux spoliés, documents secrets, argent et or…), destiné à fomenter une résistance nazie après guerre.
Abetz sera condamné à vingt ans de travaux forcés, mais gracié par le président Coty quelques semaines avant le décès de Joachim – qui, lui, ne sera jamais récompensé.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « J’ai arrêté Otto Abetz – L’Ambassadeur de Hitler en France »

Certains héros de la Résistance n’ont jamais eu droit à leur nom dans les livres d’histoire. C’est de cet oubli que part Didier Eisack, qui signe le scénario de cet album, mis en dessin et en couleur par Maxime Germain, adapté de l’enquête familiale qu’il avait publiée en 2022. Il y raconte son grand-père Joachim, Juif allemand réfugié dans la région lyonnaise, résistant, puis inspecteur de la Sûreté chargé de la dénazification en zone française occupée, qui remonta seul la piste d’Otto Abetz, ambassadeur de Hitler à Paris, jusqu’à son arrestation en 1945.

Didier Eisack construit son récit sur deux temporalités qui se répondent : la traque d’après-guerre et la recherche documentaire de l’auteur lui-même, parti fouiller les archives diplomatiques pour exhumer un dossier classé sous un faux nom. Ces allers-retours réclament de l’attention et peuvent parfois dérouter, mais ils disent l’essentiel du projet : une mémoire qu’il faut reconstituer pièce à pièce. Le livre s’ouvre et se referme à Yad Vashem, geste qui inscrit l’histoire personnelle dans une mémoire collective sans céder à la grandiloquence. Une valise rouge, remplie de documents qu’Abetz croyait avoir fait disparaître, devient le fil rouge concret de cette enquête sur les traces écrites.

extrait bd J'ai arrêté Otto Abetz - L'Ambassadeur de Hitler en France

Maxime Germain adopte un dessin réaliste et épuré, servi par une bichromie de bleus sombres et de gris qui installe une atmosphère pesante, que viennent trancher de rares éclats de rouge. Ce parti pris resserre l’attention sur les visages et les preuves. Les encarts documentaires et le cahier historique final prolongent le récit sans l’alourdir, en rappelant le sérieux des sources.

Sous la bichromie sombre de Maxime Germain, la traque d’un nazi devient surtout l’histoire d’un nom qu’on avait laissé tomber dans l’oubli.


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