John Steele – Le parachutiste de Sainte-Mère-Église – 6 juin 1944

Album publié en 2026 aux éditions Nationale 13.


couverture bd John Steele - Le parachutiste de Sainte-Mère-Église - 6 juin 1944

6 juin 1944.
Parachuté au-dessus de la Normandie le 6 juin 1944, John Marvin Steele s’est retrouvé accroché au clocher de Sainte-Mère-Église avant d’être fait prisonnier par les Allemands puis de s’évader.
Le cinéma immortalisera sa mésaventure à l’occasion de la sortie du Jour le plus long, associant à jamais, dans l’esprit du grand public, le soldat à cette situation à la fois tragique et cocasse.
Pourtant, de l’Italie à la Hollande, le parcours de John Steele le conduira à participer à de nombreuses batailles sur différents théâtres d’opération de la Seconde Guerre mondiale, ce qui lui vaudra diverses blessures et plusieurs distinctions.

Personnage charismatique ayant transformé en sourire et en optimisme ses expériences à la fois dramatiques et pittoresques liées à la guerre, John Steele devient aujourd’hui le héros d’une bande dessinée, la première à lui être consacrée, éclairant son destin singulier.
Un cahier pédagogique complète le récit et revient sur le Débarquement en Normandie, sur la vision qu’en a donnée Hollywood et sur les liens entre la bande dessinée américaine et la Seconde Guerre mondiale.


Tout le monde connaît la silhouette suspendue au clocher, presque personne ne connaît l’homme. C’est ce décalage que corrige cette bande dessinée, la première consacrée à John Steele, le parachutiste américain dont le saut manqué au-dessus de Sainte-Mère-Église, dans la nuit du 6 juin 1944, est devenu l’une des images du Débarquement. Scénarisée par Jean-Marc Lainé, dessinée par Thierry Olivier et colorisée par Marion Caratini, elle est née d’une collaboration avec l’Airborne Museum, soucieux de rétablir les faits là où film Le Jour le plus long avait pris ses aises.

Jean-Marc Lainé fait le choix de ne pas s’arrêter au clocher. Il remonte à la jeunesse de John Steele, à Metropolis, dans l’Illinois, et suit son parcours de soldat de la Sicile à la Hollande, ses blessures, ses décorations. L’homme qui se dessine n’est pas le héros figé du cinéma mais un bon vivant qui transforma en sourires ses mésaventures. Le scénario s’appuie sur des recherches menées jusqu’aux archives de la 82e Airborne, souci d’exactitude qui répond directement aux libertés prises par Hollywood.
Le film s’arrête sur l’image du parachutiste suspendu et n’évoque pas la suite. Or Steele a été décroché puis fait prisonnier par les Allemands, avant de s’évader quelques jours plus tard (quatre jours selon plusieurs sources) et de rejoindre les lignes américaines. Toute cette partie, pourtant réelle, disparaît du récit hollywoodien.

extrait bd John Steele - Le parachutiste de Sainte-Mère-Église - 6 juin 1944

Le vrai coup de maître est graphique. Thierry Olivier adopte le style des comic books américains des années 1940, ces fascicules que l’armée distribuait aux soldats pour soutenir le moral. Le clin d’œil est savoureux : John Steele venait de Metropolis, la ville qui inspira celle de Superman. Les couleurs franches de Marion Caratini prolongent cet hommage à l’âge d’or des comics, faisant de la forme un commentaire sur le fond.

À conseiller aux amateurs de la Seconde Guerre mondiale. On y retrouve l’homme derrière la légende, celui que les cérémonies du 6 juin honorent chaque année sans toujours le connaître.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

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