L’Amnésique de Rodez

Album publié en 2025 aux Editions Ulule.


couverture bd L'Amnésique de Rodez

Février 1918.

Sur un quai de la gare des Brotteaux à Lyon, un train dépose de nombreux soldats revenant du front.
La plupart sont des rapatriés devenus inaptes au combat tant leurs blessures sont graves.
Il faut se frayer un passage entre les brancards et les estropiés.

Lorsque l’activité se calme, reste sur le quai un soldat au regard perdu, ne sachant manifestement pas où il se trouve. Il n’a pas sa plaque militaire qui pourrait l’identifier.

Débute l’histoire de ce soldat que l’on pourrait appeler l’autre soldat inconnu.
 
 


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Amnésique de Rodez »

Daniel Faribeault au scénario, Jean-Christophe Vergne au dessin et aux couleurs : L’amnésique de Rodez exhume une histoire vraie et méconnue, celle d’un soldat de 1914 retrouvé sur un quai de gare, incapable de dire qui il est. De son passé ne subsiste qu’un mot, un nom peut-être : Mangin. Il finira une partie de sa vie à l’hôpital psychiatrique de Rodez.

Plutôt que de suivre le soldat pas à pas, Daniel Faribeault confie la narration à une infirmière qui, des années plus tard, raconte l’affaire à sa petite-fille. Ce recul choisi déplace la question : il ne s’agit plus seulement de savoir qui est cet homme, mais de comprendre ce que sa présence muette a fait à ceux qui l’ont soigné. L’album s’intéresse aux blessures que la guerre laisse dans les têtes, ces troubles nés du fracas des canons, et se garde de tout apitoiement. L’acharnement d’un médecin et d’une infirmière pour rendre au patient une identité forme le cœur du drame, sans jamais céder à la reconstitution froide.

extrait bd L'Amnésique de Rodez

Le trait de Jean-Christophe Vergne tient la note juste entre la précision documentaire et la retenue. Ses couleurs, sourdes, épousent la torpeur des salles d’hôpital et la boue des tranchées sans surligner l’émotion. Cinq pages en fin d’ouvrage éclairent le contexte du conflit, prolongement utile pour qui veut mesurer le poids historique de l’anecdote.

Des tranchées à l’asile de Rodez, Daniel Faribeault et Jean-Christophe Vergne suivent un homme réduit à un seul mot, Mangin, et redonnent un nom à ceux que la Grande Guerre avait rayés des vivants.

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