Là-bas

Album publié en 2013 aux éditions Dupuis.


Résumé éditeur

D’après le roman Bleu figuier d’ Anne Sibran  publié le premier avril 1999.

Bientôt l’indépendance.
Alain, pied-noir, employé dans une compagnie d’assurances, doit quitter l’Algérie.
À Paris, il rejoint sa mère et sa femme enceinte. Commence alors une autre vie.
Une vie de grisaille, loin du soleil, des plages de Bab-el-Oued, de la mer tiède.
Loin de là-bas. Une autre vie avec les blessures d’Algérie qui ne se sont pas refermées, avec la peur qui hante encore ses jours et ses nuits, les mystères qui l’entourent et les mensonges qui l’enferment.
Avec les souvenirs de là-bas. Une autre vie, avec une fille désormais. Sa fille, Jeanne, qui met ses pas dans les siens, pour trouver les mots qu’il lui fallait entendre, et lui rendre la vie.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Là-bas »

Adaptation libre du roman Bleu figuier d’Anne Sibran, qui en signe aussi le scénario, Là-bas donne au dessinateur Didier Tronchet l’occasion de quitter le registre humoristique qui l’a fait connaître. L’album raconte l’exil d’Alain, pied-noir contraint de fuir l’Algérie à la veille de l’indépendance pour rejoindre à Paris sa mère et sa femme enceinte, et la lente érosion d’un homme que le déracinement finit par éteindre.

La force du récit tient à son point de vue. C’est Jeanne, la fille d’Alain, qui raconte son père en voix intérieure, mettant ses pas dans les siens pour comprendre un silence et réparer une absence. Anne Sibran évite l’écueil du réquisitoire historique et préfère l’intime, la façon dont les blessures algériennes se transmettent, dont la nostalgie tourne à l’amertume, dont un homme humilié par les préjugés se referme sur lui-même. Le drame collectif des rapatriés affleure sans jamais écraser la chronique familiale.

Didier Tronchet adopte un trait sobre et des aplats de couleurs très lisibles, mais son geste le plus juste réside dans l’usage de la palette. Les ors et les bleus chauds de l’Algérie, ceux du soleil et de la mer de Bab-el-Oued, s’opposent aux gris pluvieux d’un Paris de grisaille. Ce contraste chromatique dit à lui seul la perte, la distance entre un paradis perdu et un exil sans relief.

Anne Sibran et Didier Tronchet signent une chronique douce-amère d’une réelle délicatesse, où l’Histoire se lit à hauteur d’un seul homme.

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