La Belle au Bois Dormant
Album publié en 2025 aux éditions Contre-Dires.
Résumé éditeur
Adapté de l’œuvre de Charles Perrault (publiée pour la première fois en 1697).

La réécriture la plus sombre du conte classique La Belle au bois dormant jamais imaginée, entre vos mains.
Oserez-vous plonger dans la version graphique de ce Conte interdit ?
Une fillette hantée de souvenirs qui ne sont pas les siens.
Des cauchemars, incessants, qui frappent à la même heure.
Un avertissement incompris, une menace ignorée
Et le passé terrifiant, impitoyable, qui rattrape l’innocence d’Aurore.
Cette réécriture moderne et terrifiante du conte de Charles Perrault est une véritable matière à cauchemars.
Entre secrets, meurtres, débauche et abomination, l’horreur se redéfinit complètement encore une fois sous la plume de L.P. Sicard.
La bd « La Belle au Bois Dormant » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Belle au Bois Dormant »
Inaugurant une déclinaison graphique de la collection québécoise qui revisite les contes classiques sous l’angle de l’horreur, cet album adapte le roman de Louis-Pier Sicard, lui-même construit à partir du conte de Charles Perrault. Simon-Pierre Marion en signe le scénario, l’illustrateur sicilien Aurelio Mazzara le dessin. Le récit suit Aurore, une fillette hantée par des souvenirs qui ne lui appartiennent pas et par des cauchemars récurrents frappant toujours à la même heure.
L’intérêt de l’adaptation tient à la façon dont Simon-Pierre Marion exploite la matière du conte originel. Le motif du sommeil, de la malédiction annoncée et de l’avertissement ignoré, présent chez Charles Perrault, devient ici le support d’une mécanique de l’angoisse fondée sur la mémoire empoisonnée. La question du secret familial structure le récit, et la véritable menace vient moins d’un surnaturel spectaculaire que d’un passé qui refuse de rester enfoui. Le traitement est frontal, la violence assumée, ce qui explique la mention réservant l’ouvrage à un public averti.

Aurelio Mazzara, dont le parcours passe par des collaborations avec de grands studios d’animation et d’édition américains, apporte une maîtrise technique qui tranche avec l’univers du livre. Son trait précis et sa mise en page nerveuse jouent des contrastes lumineux, alternant clarté trompeuse des scènes diurnes et noirceur des séquences oniriques, procédé qui entretient la sensation d’un basculement permanent.
L’album s’adresse exclusivement aux lecteurs adultes amateurs d’horreur et de contes réécrits. Simon-Pierre Marion et Aurelio Mazzara réussissent le passage à l’image d’un univers littéraire déjà installé, en misant sur la suggestion visuelle plus que sur la surenchère.




