La Belle et la Bête
Album publié aux éditions Eyrolles en 2025.
Résumé
Adapté de l’œuvre d’ Jeanne-Marie Leprince de Beaumont parue en 1756.

Un château oublié. Une créature maudite. Un destin bouleversé…
Belle mène une vie paisible dans une ville portuaire prospère, loin des ténèbres qui rôdent au-delà de la forêt. Mais lorsqu’une tempête ruine son père, le destin de la jeune femme bascule.
Pour sauver sa famille, elle accepte de devenir la captive d’une créature terrifiante recluse dans un château en ruines.
Derrière ces murs couverts de ronces, Belle découvre un univers figé dans le temps, où le silence est hanté de secrets et où la Bête, plus humaine qu’elle n’y paraît, cache un passé tragique.
Chaque jour, la jeune femme lutte entre la peur et la fascination. Mais saura-t-elle voir au-delà des apparences avant qu’il ne soit trop tard ?
Un conte intemporel réinventé dans une version sombre et envoûtante, où la beauté et la monstruosité ne sont jamais là où on les attend.
La bd « La Belle et la Bête » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Belle et la Bête »
Le conte de La Belle et la Bête, rédigé au XVIIIe siècle par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, connaît une nouvelle vie sous forme de roman graphique, porté par un trio d’autrices tchèques : Katerina Horáková, Christina Dumalasová et Anna Zvocová. Leur parti pris tranche avec l’imagerie édulcorée popularisée par le cinéma d’animation.
Fidèles à la trame et à une large part du texte d’origine, Katerina Horáková, Christina Dumalasová et Anna Zvocová assument une tonalité sombre et envoûtante. Belle y pénètre un château figé dans le temps, cerné de ronces, où le silence recèle des secrets. La Bête n’est pas seulement une créature effrayante : les autrices lui prêtent un passé tragique qui approfondit sa psychologie et déplace le récit du monstrueux vers le blessé.
Le cœur de l’adaptation tient à cette oscillation constante de Belle entre peur et fascination, qui refuse la mièvrerie pour restituer l’ambivalence morale du conte. La leçon centrale, regarder au-delà des apparences, gagne en gravité dès lors que la beauté et la monstruosité ne se logent jamais tout à fait où on les attend.
Le travail graphique épouse cette noirceur. Le trait modernise les figures sans trahir l’atmosphère féerique, tandis qu’une palette maîtrisée, sombre et contrastée, installe un climat gothique cohérent avec le propos. Les décors du château hanté et de la forêt touffue portent une part essentielle de l’émotion, celle d’un espace clos où se joue la métamorphose des sentiments.
Cette relecture s’adresse aux amateurs de contes revisités dans une veine gothique, aux lecteurs de romans graphiques exigeants sur le plan visuel et à quiconque souhaite redécouvrir La Belle et la Bête loin de ses versions les plus lisses.




