Le décaméron – Un divertissement d’après Boccace (2026)

Album publié aux éditions The Hoochie Coochie en 2026.


Adapté de l’œuvre de Giovanni Boccace composée entre 1348 et 1351.

Toscane, XIVe siècle.
Alors que la Grande Peste décime allégrement l’Europe, dix jeunes gens se réfugient à la campagne et égayent leurs journées en racontant des histoires à tour de rôle.
Dix contes par journée fois dix jours nous donnent les cent récits formant le Décaméron écrit par Boccace entre 1348 et 1351.
Fabliaux, paraboles, anecdotes traitant d’amours heureuses ou malheureuses, grivoises ou chevaleresques, raillant le clergé et la cupidité d’une époque où l’épidémie de bubons a rejeté toutes valeurs morales aux oubliettes.
C’est dans cette somme que Vincent Vanoli puise la matière de son album et traite de ce Moyen Âge tardif, cher au catalogue The Hoochie Coochie avec le trait expressionniste et charbonneux qu’on lui connaît.
Tantôt drôle, tantôt cruel, cette adptation du Décaméron par Vincent Vanoli a été initialement publiée aux défuntes éditions Ego Comme X au tournant du XXIe siècle.
Pour cette version remaniée, The Hoochie Coochie s’est adjoint les services d’un préfacier hors pair pour introduire cette œuvre : le légendaire Ambre.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le décaméron – Un divertissement d’après Boccace »

Les éditions The Hoochie Coochie exhument ici l’adaptation que Vincent Vanoli, figure de la bande dessinée alternative francophone, consacra au recueil de Giovanni Boccace, parue une première fois chez Ego comme X au tournant du siècle. Cette version remaniée, préfacée par Ambre, rappelle le dispositif du texte original, écrit vers 1348 alors que la peste noire ravage Florence, quand dix jeunes gens de bonne famille se réfugient à la campagne et tuent l’ennui en se racontant chacun une histoire par jour.

Plutôt que de transposer les cent nouvelles, Vincent Vanoli puise dans cette somme pour en restituer l’esprit. La crudité de Boccace demeure intacte, avec ses fabliaux grivois, ses amours contrariées, mais l’auteur en éclaire surtout l’arrière-plan moral. Le rire y naît d’un monde où l’épidémie a désarmé toute vertu, et la gaieté des conteurs se teinte d’une inquiétude sourde. Tantôt drôle, tantôt cruel, l’album fait entendre ce contrepoint entre l’insouciance affichée des personnages et la mort qui rôde au-delà des murs.

extrait bd Le décaméron - Un divertissement d'après Boccace

Le trait expressionniste et charbonneux de Vincent Vanoli sert admirablement ce propos. Ses noirs épais, ses visages grimaçants et ses ombres denses installent un Moyen Âge tardif rugueux, très éloigné de l’imagerie policée des adaptations classiques. La texture même du dessin, presque salie, semble porter la trace du fléau qui a engendré ces récits.

L’album s’adresse aux lecteurs de bande dessinée d’auteur, aux amateurs de littérature médiévale. Vincent Vanoli signe une relecture âpre et charnelle, dont la réédition comble une vraie lacune.

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