Le Mahâbhârata
Bande dessinée publiée en 2019 aux éditions Hozhoni.
Résumé éditeur
L’auteur originel serait le sage Vyāsa. Le texte aurait été écrit en ~400 av. J.-C. et 400 apr. J.-C.
Une BD événement inspirée de l’immense épopée indienne du Mahâbhârata.

Longtemps méconnu en Occident, le Mahâbhârata est le plus long poème composé au monde.
Écrit en sanskrit et initié au IVe siècle avant notre ère, enrichi pendant 700 ans, il est quinze fois plus long que la Bible et défie l’imagination par sa complexité.
Cette épopée foisonnante et démesurée est à l’origine de mille croyances et légendes qui irriguent l’âme indienne et inscrivent le Dharma, la loi qui régit le monde, au cœur des hommes.
Ce » grand poème du monde » raconte la longue et furieuse querelle dynastique qui opposa deux clans de cousins. Il compte seize personnages dont Krishna, avatar divin descendu sur terre, qui apparaît là pour la première fois dans la mythologie indienne.
C’est lui qui apporte la Bhagavad-Gîta où il exprime l’amour divin pour l’homme.
Le récit qu’en a tiré Jean-Claude Carrière pour Peter Brook a conduit à la création d’une monumentale pièce qui fut reprise partout dans le monde pendant trois ans. Aujourd’hui, le talentueux dessinateur Jean-Marie Michaud se saisit de ce récit extravagant et romanesque pour en faire une extraordinaire adaptation graphique, fruit de trois ans d’un travail acharné et ininterrompu.
La bd « Le Mahâbhârata » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Mahâbhârata »
Adapter le Mahâbhârata, épopée fondatrice de la mythologie indienne, relève du défi colossal. Jean-Claude Carrière transpose son adaptation théâtrale en un scénario de bande dessinée remarquable, mis en image par Jean-Marie Michaud.
La BD relate l’inexorable conflit fratricide opposant les clans Pândava et Kaurava. Au-delà du fracas des armes, le récit brille par sa profonde réflexion sur le dharma (le devoir cosmique et moral) et l’inéluctabilité du destin. Le scénario préserve la fine complexité psychologique originelle : aucun héros n’est purificateur, aucun antagoniste n’est dénué de noblesse. Le dieu Krishna lui-même orchestre ce chaos tragique avec une ambiguïté fascinante, sondant avec justesse les failles et les contradictions de l’âme humaine.

Graphiquement, Jean-Marie Michaud livre une partition magistrale sur plus de 400 pages. Ses planches, réalisées à l’aquarelle, déploient un foisonnement organique où l’exubérance architecturale contraste avec la brutalité crue des champs de bataille. Le trait, nerveux, charnu et tourbillonnant, insuffle un mouvement perpétuel aux divinités comme aux mortels. Les palettes chromatiques, saturées de teintes ocre, safran et émeraude, enveloppent la fresque d’une atmosphère mystique.
Ce Mahâbhârata graphique est une prouesse artistique qui réussit l’exploit de rendre accessible un texte millénaire sans en trahir la densité. Une œuvre magistrale, à recommander vivement aux passionnés de mythologies et d’Histoire, qui trouveront ici une transposition aussi exigeante qu’éblouissante.




