Les zombies n’existent pas
Album publié en 2013 aux Editions Sarbacane.
Résumé éditeur
Adapté du roman Lazarus de Emanuel Dadoun publié le 6 avril 2010.

Piquier tue.
Il frappe dans plusieurs villes de France, Rouen, Saint-Brieuc, Paris… sans logique apparente.
Mais chaque meurtre suit un rituel sanglant : une victime anonyme, un doigt coupé, et un signe cabalistique tracé au sang sur un mur. Pourquoi agit-il ainsi ? Piquier l’ignore lui-même, c’est une voix dans sa tête qui le pousse à commettre ces actes, comme un murmure spectral issu d’un cauchemar.
De son côté, l’inspecteur Kowalski mène l’enquête. En accumulant indices et témoignages, il esquisse peu à peu le portrait-robot du suspect : un homme brisé, licencié de la vie, broyé par les rouages de la société. Mais un rebondissement aussi glaçant qu’inattendu survient : Piquier est mort depuis un an, et pourtant… les meurtres continuent.
La bd « Les zombies n’existent pas » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les zombies n’existent pas »
Avec cette adaptation du roman Lazarus d’Emanuel Dadoun, le jeune Sylvain Escallon (alors 23 ans) impose un premier album singulier et maîtrisé. Les zombies n’existent pas navigue avec audace entre le polar urbain et le fantastique psychologique, tissant une intrigue qui dépasse largement les frontières du thriller criminel.
L’histoire met en scène l’inspecteur Kowalski, un flic désabusé et dépressif, à la poursuite d’un tueur en série atypique : Piquier, qui prélève méthodiquement un doigt sur chaque victime, laissant des signes ésotériques. Le rebondissement choc : le suspect qui est mort depuis un an va propulser l’enquête vers des dimensions métaphysiques troublantes. L’architecture narrative, fragmentée par des flash-backs entrecroisés et des changements de point de vue, crée une déstabilisation délibérée qui piège le lecteur dans les méandres du doute.

Graphiquement, Sylvain Escallon maîtrise un contraste noir et blanc étouffant, hérité des univers sombres de Comes mais affirment une signature personnelle. Les ombres massives, les décors urbains oppressants et les cadrages étriqués respirent le désespoir. Sylvain Escallon privilégie la concision narrative : sans fioritures inutiles, il va directement à l’essentiel, maintenant un rythme soutenu.
Un premier essai d’une maturité remarquable.




