Monseigneur Saliège – Celui qui a dit non

Album publié aux éditions Plein Vent en 2025.


couverture bd Monseigneur Saliège - Celui qui a dit non

Jules-Géraud Saliège naît le 24 février 1870 à Mauriac dans le Cantal, dans une famille paysanne.

Son acte le plus célèbre survient le 23 août 1942, quand il fait lire dans toutes les églises de son diocèse de Toulouse une lettre condamnant les déportations de Juifs depuis les camps de Noé et du Récébédou. Cette lettre historique proclame : « Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes […] Ils sont nos frères comme tant d’autres ». Interdite par Vichy, elle est diffusée par la BBC et devient un manifeste de résistance.

Le 9 juin 1944, il échappe de peu à une arrestation par la Gestapo. Fait Compagnon de la Libération en 1945 et cardinal en 1946, il meurt à Toulouse le 5 novembre 1956. En 1969, Yad Vashem lui décerne le titre de « Juste parmi les nations », reconnaissance suprême pour celui qui osa dire « non » à la barbarie nazie.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Monseigneur Saliège – Celui qui a dit non »

Monseigneur Saliège – Celui qui a dit non s’inscrit dans la tradition des bandes dessinées historiques engagées, en retraçant le parcours de l’archevêque de Toulouse, Jules-Géraud Saliège, figure de résistance morale durant la Seconde Guerre mondiale. La BD revient sur son célèbre message de 1942, dans lequel il condamne publiquement les persécutions et déportations de Juifs, à rebours du silence ou de la prudence de nombreuses autorités de l’époque.

Sur le plan narratif, la bande dessinée privilégie une approche incarnée et progressive. Loin d’un portrait biographique figé, elle explore les tensions intérieures de Monseigneur Saliège : homme d’Église affaibli physiquement, mais animé d’une exigence morale intransigeante. Les thèmes de la responsabilité individuelle, du courage face à l’injustice et du poids de la parole publique traversent le récit avec justesse. Le scénario s’appuie sur des faits historiquement établis, notamment le contexte du régime de Vichy et les rafles de 1942.

Graphiquement, l’ouvrage adopte un style sobre et expressif, souvent dominé par des tonalités sourdes qui évoquent la gravité de l’époque. Le découpage privilégie les silences, les regards et les espaces clos, renforçant la tension dramatique. Les visages, en particulier, traduisent avec finesse les dilemmes moraux, soutenant un scénario où l’émotion naît autant de l’implicite que du texte.

Cette bande dessinée constitue une œuvre à la fois pédagogique et profondément humaine. Elle s’adresse aux lecteurs intéressés par l’histoire contemporaine mais aussi à ceux sensibles aux récits de résistance. Par sa rigueur documentaire et sa sensibilité graphique, elle rappelle avec force que, même dans les périodes les plus sombres, une voix peut encore s’élever pour dire non.


Lieu visité par la bd pendant la Seconde Guerre Mondiale

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