Pauvres zhéros
Album publié en 2008 aux éditions Casterman.
Résumé éditeur
Adapté du roman de Pierre Pelot publié en 1982.

Sylvette avait été engagée pour faire le ménage et torcher le cul des vieux à l’hospice de Saint-Maurice-Sur-Moselle, mais vu la pénurie de personnel, on n’a pas tardé à la bombarder monitrice à temps complet auprès des enfants.
Les enfants, elle ne les supporte pas, mais comment refuser du boulot ?
Or voici qu’au cours d’une promenade en forêt, elle perd le petit Joël, un enfant trisomique âgé de six ans. Avec cette pluie soudaine qui s’est mise à tomber dru vers cinq heures du matin, il est sans doute mort, ou en train de mourir.
A moins que l’enfant n’ait croisé le chemin d’un « ogre « , comme il en existe dans les régions les plus pauvres et les plus oubliées de dieu.
Publié pour la première fois dans la collection engrenage en 1982, ce roman de Pierre Pelot se lit comme un » conte de fées » cruel en forme de cauchemar.
La bd « Pauvres zhéros » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Pauvres zhéros »
Avec Pauvres zhéros, Baru porte à la bande dessinée un roman noir de Pierre Pelot, dont il partage l’ancrage : ces gros villages de l’Est rural que les deux hommes connaissent de longue date. L’histoire part d’une disparition, celle d’un enfant lors d’une sortie scolaire, et Baru en fait une plongée dans une communauté où chacun traîne ses fêlures.
Le récit donne à voir des laissés-pour-compte. Nanase, jeune homme qui vit avec une mère alcoolique et rend de menus services, occupe le centre d’un monde de marges : un hospice, un orphelinat, un centre pour handicapés, croisés au fil de scènes où la misère sociale n’a rien d’un décor. Baru regarde ces gens sans les surplomber. La tension monte à mesure que la disparition attire police et médias, remuant de vieilles histoires que le village aurait préféré taire.

Le dessin fait beaucoup. Baru abandonne son trait nerveux pour l’aquarelle, et ces lavis gorgés d’eau installent une moiteur froide qui colle à la peau. Les visages, souvent ingrats, disent la fatigue et la rancœur mieux que les dialogues. La couleur travaille l’atmosphère plus qu’elle ne décrit : ciels bas, intérieurs ternes, lumière avare.
On pourra trouver l’intrigue un peu lâche par endroits, mais la colère qui traverse le livre emporte l’adhésion. Pauvres zhéros s’adresse à un lecteur adulte, amateur de romans noirs sociaux et de récits ancrés dans une France rurale rarement montrée, prêt à se laisser cueillir par une fin qui ne ménage personne.




