Scarface

Album publié en 2011 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

Adapté du roman d’Armitage Trail publié le 3 juin 1930.

couverture bd Scarface

Après l’avoir perfectionné dans toutes tes branches du bel art du meurtre, le gouvernement relâchait Tony Guarino avec sa bénédiction, sous la forme d’un diplôme de bon soldat.
Tony rentrait avec un nouveau visage et un tas d’idées qui s’exerceraient inévitablement lors de leur mise en pratique, au détriment de la communauté.
Cette atroce nuit de bataille dans les bois qui lui avait rapporté ses médailles lui avait laissé aussi une longue cicatrice livide sur le côté gauche du visage.
Désormais, on le surnommerait Scarface.
Ecrit à la fin des années vingt, Scarface est un grand roman noir, précurseur de l’âge d’or du genre.
Il a servi de base au Scarface de Howard Hawks (avec Paul Muni et George Raft), le chef-d’oeuvre incontestable du film de gangsters.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Scarface »

Christian De Metter signe seul le scénario, le dessin et les couleurs de cette adaptation du roman d’Armitage Trail, et il prend une décision qui change tout : revenir au livre plutôt qu’aux films qui l’ont rendu célèbre.

Chicago, Prohibition. Dans une famille d’émigrés italiens, deux frères prennent des routes opposées, Ben du côté de la police, Tony du côté des voyous. Tony Guarino abat un chef de bande, part à la guerre, en revient avec une longue cicatrice au visage et un savoir-faire appris au front. Il entreprend alors de monter dans le milieu.

Le retour au texte d’Armitage Trail donne à l’album ce qu’aucune version filmée ne propose : cette symétrie entre les deux frères, et l’idée que la violence du personnage lui a d’abord été enseignée par l’armée. Christian De Metter ne moralise pas et n’admire pas davantage. Il montre une ascension méthodique, des alliances qui durent le temps d’un profit, une ville où la police et les juges font partie du système. On peut lui reprocher d’aller vite, parfois trop : certaines ellipses avalent des années en une case, et le passage par le front tient en quelques planches.

extrait bd Scarface

Le dessin installe un Chicago brumeux, avec des décors urbains soignés, des voitures, des arrière-salles, des visages taillés à la serpe pour les hommes de main. Les couleurs, plus franches que dans les précédents travaux de Christian De Metter, éclairent une histoire qui aurait pu se contenter du gris.

Christian De Metter préfère le roman de 1930 aux deux films qui l’ont éclipsé, et l’on redécouvre un Tony qui ne s’appelle ni Camonte ni Montana. À conseiller aux amateurs de récits de gangsters, aux curieux du roman d’origine.


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