Un drame en Livonie
Album publié en 2004 aux Editions Emmanuel Proust (réédition).
Résumé éditeur
Adapté du roman de Jules Verne publié en 1904.

Dans l’immensité neigeuse, le professeur Nicolef cherche à passer inaperçu lors d’un mystérieux périple.
Mais c’est compter sans l’assassinat d’un de ses compagnons de voyage…
Accusé de crime par les Allemands, comment ce savant dévoué à la cause russe peut-il espérer se voir innocenté ?
Au cœur d’une trame politique, « Un Drame en Livonie » est le récit de ce fait divers authentique, et une œuvre romanesque à la puissance intacte près d’un siècle après sa première publication.
La bd « Un Drame en Livonie » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Un Drame en Livonie »
Rare incursion de Jules Verne dans le roman policier, « Un drame en Livonie » quitte les grands espaces de l’aventure pour une énigme feutrée que le scénariste François Rivière et le dessinateur Serge Micheli portent à la bande dessinée avec un parti pris affirmé. L’intrigue, tirée d’un fait divers, suit le professeur Dimitri Nicolef, figure du parti slave dans une province balte disputée entre Russes et Allemands, accusé du meurtre d’un employé de banque retrouvé sans vie dans une chambre close.
François Rivière, romancier et biographe familier du récit criminel, resserre le texte de Jules Verne autour de deux axes qui se nourrissent l’un l’autre : l’erreur judiciaire, avec sa mécanique implacable de soupçons, et la tension communautaire qui transforme un procès en affrontement politique. Cette lecture confère à Nicolef une épaisseur inhabituelle chez Jules Verne, celle d’un homme dont l’honneur devient l’enjeu collectif d’une communauté humiliée.

C’est toutefois le travail graphique de Serge Micheli qui donne à l’album sa signature. Peintre de formation, il compose ses planches comme des tableaux, aux corps étirés et aux postures expressionnistes qui rappellent Egon Schiele. Sa palette sombre, traversée d’éclats de couleurs vives, épouse le froid livonien et l’atmosphère de suspicion qui pèse sur chaque personnage. La mise en page, volontairement déstructurée, exige une lecture attentive et restitue le trouble de l’accusé, quitte à égarer parfois le lecteur.
Cette âpreté visuelle fait la singularité de l’ouvrage : loin de l’imagerie d’aventure associée à Jules Verne, Serge Micheli et François Rivière proposent une relecture grave, presque picturale, d’un texte méconnu.




