Un sac de bille
Bande dessinée publiée en 1989 aux éditions Bayard.
Résumé éditeur
D’après le roman de Joseph Joffo publié en octobre 1973.

Maurice et Joseph sont frères.
Ils vivent à Paris et jouent dans les rues, tout comme leurs petits camarades.
Enfin presque… car dans une France en guerre, occupée par les Allemands, il n’est pas facile de porter l’étoile jaune, cette marque infamante qui permet de distinguer les juifs de tous les autres.
Sur les conseils de leur père et avec une musette pour tout bagage, les deux gamins partent retrouver leurs frères Henri et Albert qui vivent dans le sud de la France, en zone libre.
À maintes reprises, Maurice et Joseph évitent la catastrophe, mais ils tombent dans un piège tendu par les nazis…
La bd « Un sac de billes » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Un sac de billes »
Publiée en 1989 chez Bayard dans la collection Okapi, cette adaptation en bande dessinée du récit autobiographique de Joseph Joffo (paru en 1973) transpose avec justesse l’odyssée de deux jeunes frères juifs fuyant l’Occupation nazie.
Le scénario d’Alain Bouton et les dessins de Marc Malès offrent une relecture accessible du témoignage bouleversant de Joseph et Maurice Joffo, contraints de quitter Paris en 1941 pour rejoindre la zone libre.
L’adaptation se révèle fidèle à l’œuvre originale, capturant l’essentiel du parcours initiatique de ces deux enfants face aux périls de la guerre. Alain Bouton parvient à condenser en 47 pages les moments-clés du récit : le port obligatoire de l’étoile jaune, les brimades à l’école, la décision déchirante des parents d’envoyer leurs cadets vers le Sud, et les multiples dangers du voyage. Le rythme demeure soutenu sans paraître précipité, permettant aux personnages de conserver leur attachante humanité.

Le travail graphique de Marc Malès constitue un atout de cette BD. Formé à l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, Marc Malès déploie un trait expressif et soigné qui donne vie aux protagonistes. Son dessin excelle dans la représentation des émotions et des tensions. Sa mise en couleur contribue à recréer l’atmosphère oppressante des années 1940 tout en préservant une certaine douceur adaptée au jeune lectorat visé.
Cette bande dessinée est une passerelle mémorielle, permettant aux nouvelles générations d’appréhender les persécutions antisémites à travers le regard innocent d’enfants. Elle traite avec intelligence et justesse des sujets graves sans verser dans le traumatisme visuel, privilégiant la suggestion à la violence explicite.
Œuvre pédagogique autant qu’artistique, elle est un témoignage essentiel sur la Shoah.









