Mille femmes blanches – 2 – Aux confins du monde sauvage
Album publié en 2025 aux éditions Dargaud.
Résumé éditeur
Adapté de l’œuvre de Jim Fergus publiée en 1998.

En 1874, May Dodd et ses compagnes, toutes internées de force dans des institutions, acceptent un marché insensé : être échangées contre chevaux et bisons pour devenir les épouses de guerriers cheyennes. Officiellement, il s’agit de favoriser l’intégration des peuples autochtones à la société américaine. En réalité, c’est un saut dans l’inconnu, un arrachement, un exil aux confins du monde qu’elles connaissent.
Sous la conduite du charismatique capitaine John Bourke, May et ses compagnes s’engagent dans un périple de dix jours à travers les vastes plaines, en route vers le camp Robinson. Un voyage où l’attente se confond avec l’angoisse, où les rêves de liberté, d’amour ou de rédemption se heurtent à la rudesse du réel. Sur ce chemin semé d’épreuves, naît une sororité de fortune, faite de blessures, d’espoirs et de secrets.
Fascinées autant qu’effrayées, ces femmes vont devoir affronter l’altérité dans ce qu’elle a de plus brut, de plus profondément humain.
Et lorsqu’elles atteignent enfin Camp Robinson, elles découvrent que leurs illusions sont mortes en route : pas de confort, pas de répit, seulement le début d’une autre vie.
La bd « Mille femmes blanches – 2 » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Mille femmes blanches – 2 »
Avec Aux confins du monde sauvage, le duo Lylian (scénario) et Anaïs Bernabé (dessin) poursuit sa brillante adaptation du best-seller de Jim Fergus, Mille femmes blanches. Après l’enfermement du premier volume, place à l’immensité des grandes plaines. Nous suivons May Dodd et ses compagnes, désormais engagées dans ce pacte gouvernemental insensé : devenir les épouses de guerriers cheyennes en échange de leur liberté.
Plus qu’un simple récit de voyage, cet album est une exploration psychologique. Lylian prend le temps de tisser les liens de sororité qui unissent ces femmes aux destins brisés. Loin de l’action effrénée, la narration privilégie l’attente et l’appréhension de la rencontre. La tension monte subtilement à mesure que le convoi s’enfonce dans le territoire indien, confrontant les préjugés de l’époque à la réalité brute de l’Ouest. May Dodd s‘y affirme comme une figure de résilience, dont le regard lucide structure le récit.

Le travail d’Anaïs Bernabé est tout simplement somptueux. Son usage de l’aquarelle et des teintes sépia confère à l’œuvre une atmosphère onirique, presque mélancolique, qui tranche avec la dureté du propos. Elle excelle à rendre l’immensité écrasante des paysages américains, qui deviennent des personnages à part entière. La douceur du trait n’atténue pas la violence latente au contraire, elle souligne la fragilité de ces femmes jetées dans « le monde sauvage ».
Ce deuxième tome confirme la réussite de cette adaptation. C’est une BD poignante qui ravira les amateurs de fresques historiques.





