Revenants
Album publié en 2025 aux éditions Actes Sud.
Résumé éditeur
D’après le roman de Paul Auster publié en 1986.

Dans ce deuxième tome de sa Trilogie new-yorkaise, Paul Auster met en scène d’autres personnages que ceux de Cité de verre.
Les protagonistes ici se nomment Blanc, Bleu et Noir.
Deux d’entre eux sont détectives privés et leurs tribulations à New York mettent en évidence la précarité de l’identité en même temps que les très pervers effets de miroir du destin.
De telle sorte que l’impitoyable filature, à laquelle on demeure suspendu comme dans les meilleurs thrillers, nous ramène aux interrogations du premier livre.
Avec, cette fois, une intensité croissante dans le tragique. On comprend que Paul Auster, parmi les écrivains de sa génération, ait connu une ascension irrésistible.
Paul Karasik aura mis trente ans à achever son adaptation en bande dessinée. En proposant Revenants à Lorenzo Mattotti, il savait que le maestro saurait mêler la culture pulp aux visions dramatiques et percutantes issues de son propre imaginaire.
La bd « Revenants » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Revenants »
Après David Mazzucchelli, qui s’était emparé de Cité de verre, c’est au tour de Lorenzo Mattotti de s’attaquer à la trilogie new-yorkaise de Paul Auster, en adaptant cette fois son deuxième volet. Le récit, situé dans le Brooklyn de 1947, suit Bleu, détective engagé par un certain Blanc pour surveiller un dénommé Noir depuis l’appartement d’en face, et rendre compte de ses journées par des rapports hebdomadaires. Or Noir ne fait rien, sinon écrire, marcher et manger.
Cette matière presque immobile constitue le défi de l’adaptation, et Lorenzo Mattotti l’affronte de face. Plutôt que d’inventer de l’action, il fait de l’attente et de la répétition le sujet même du livre. La filature se retourne progressivement en piège mental, Bleu comprenant que sa mission le vide de sa propre existence et que le regard qu’il porte sur l’autre pourrait bien lui être renvoyé. Les personnages désignés par des couleurs, dépourvus de biographie, deviennent des silhouettes interchangeables, ce qui sert le propos de Paul Auster sur l’effacement de soi et l’identité comme fiction.
Le dessin de Lorenzo Mattotti, dont on connaît la puissance chromatique, trouve ici un emploi remarquable. Ses aplats saturés, ses fenêtres découpées comme des écrans et ses corps réduits à des masses colorées transforment la ville en abstraction inquiétante. La couleur, chez lui, ne décore pas, elle nomme les personnages et structure le récit.
L’album s’adresse aux lecteurs de Paul Auster, aux amateurs de bande dessinée d’auteur et à ceux qui apprécient les récits policiers dépouillés de leur mécanique habituelle.




