Barrio negro
Album publié en 2026 aux éditions Dargaud.
Résumé éditeur
D’après le roman Quartier nègre de George Simenon publiée le 10 novembre 1935.

Un jeune couple, Germaine et Joseph, se marie à Amiens. Ils sont nés dans la même rue, se sont toujours aimés. Elle a un bon poste à l’administration des Téléphones, dans le service dirigé par son père. Lui sort d’une école d’ingénieur, grâce aux quelques économies de sa mère.
Sauf qu’il n’y a pas de travail pour lui en France. Alors ils partent. Joseph a accepté la place de directeur de la Société Anonyme des Mines de l’Équateur, la SAME.
Quinze jours de traversée et ils accostent à Panama, en attente d’une lettre de crédit pour rejoindre Guayaquil.
Cette lettre n’arrivera pas. L’entreprise est en faillite. Le voyage s’arrête là.
À Panama, avec ses codes, ses castes, les Européens et les Américains blonds d’un côté, et les communautés africaine et antillaise venues construire le canal, de l’autre, dans le barrio negro.
Germaine retrouve les réflexes de sa classe : grande efficacité pour s’intégrer là où il faut, et mépris affiché pour celui qui ne respecte pas les convenances.
C’est-à-dire Joseph. Joseph qui ne trouve pas de solutions, s’oublie dans l’alcool, accepte des métiers déshonorants, « fréquente les indigènes » et, peut-être le pire de tout, ne s’en cache pas.
José-Louis Bocquet poursuit les adaptations des « romans durs » de Simenon et réalise ici un travail d’orfèvre en détaillant la déliquescence d’un couple dans ce milieu colon des années 1930. À la finesse du texte, répond celle du dessin de Javi Rey qui, en quelques traits, fait passer l’amertume sur les visages et l’atmosphère de l’Amérique centrale.
La bd « Barrio negro » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Barrio negro »
Cinquième tome de la collection « Simenon, les romans durs » chez Dargaud, cet album adapte Quartier nègre, publié par George Simenon en 1935, après un séjour à Panama. José-Louis Bocquet et Javi Rey ont choisi de conserver le titre en espagnol, Barrio Negro, dont la sonorité apparaît plus douce. José-Louis Bocquet poursuit ainsi les adaptations des « romans durs » de Simenon, après Le Passager du Polarlys et La Maison du canal.
Germaine et Joseph, jeunes mariés français, partent pour l’Équateur où un poste prometteur attend Joseph. Elle vient d’un milieu aisé, lui d’un milieu modeste. Le voyage s’arrête à Panama : l’entreprise est en faillite. Germaine retrouve les réflexes de sa classe et s’intègre là où il faut, tandis que Joseph s’oublie dans l’alcool, accepte des métiers déshonorants et fréquente les habitants du barrio negro sans s’en cacher.
Ce que réussit José-Louis Bocquet, c’est de mettre en lumière, à travers ce couple en déroute, toute la mécanique sociale du Panama colonial des années 1930 : les Européens et les Américains blonds d’un côté, les communautés africaines et antillaises venues construire le canal de l’autre, entre elles peu d’échanges, ou des échanges biaisés. À travers le destin de deux protagonistes qu’en fin de compte tout oppose, l’album montre comment les préjugés de classe et de race peuvent pousser deux individus du même milieu dans des situations totalement différentes.

Javi Rey entretient un lien ancien avec ce roman, découvert dans sa vingtaine dans une traduction espagnole et qui l’a marqué durablement. Son dessin élégant et expressif restitue à la fois la moiteur tropicale, la tension psychologique et la fragilité des personnages, avec des couleurs chaudes mais comme atténuées par un voile.
Une adaptation destinée aux lecteurs de George Simenon autant qu’à ceux qui découvrent ses romans par la bande dessinée, et n’en ressortiront pas indemnes…




