Allah n’est pas obligé

Album publié en 2026 aux Editions Dupuis.


Adapté du roman de Ahmadou Kourouma publié le 12 aout 2000.

Birahima est un garçon insolent et attachant de 8 ans vivant à Togobala, en Guinée.
À la mort de sa mère malade, il doit rejoindre sa tutrice, tante Mahan, qui prendra soin de lui.
Mais Mahan vit au Liberia, où une violente guerre civile fait rage.
Yacouba, un grand marabout et businessman charismatique doit le guider jusqu’à Mahan, mais les voyageurs sont attaqués dès qu’ils franchissent la frontière.
Pour sauver sa vie, Birahima n’a pas d’autre choix que de devenir un petit soldat. Avec sa voix forte et pleine d’ironie, Birahima raconte comment il va combattre pour les différentes milices et les mécanismes qui entretiennent ce type de conflits. 
Allah n’est pas obligé ou la voix unique et inoubliable de Birahima, enfant ballotté dans la folie de la guerre.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Allah n’est pas obligé »

Lorsque le romancier ivoirien Ahmadou Kourouma publie son roman en août 2000, c’est un choc. Couronné du prix Renaudot et du Goncourt des lycéens, ce texte habité par la voix d’un enfant-soldat semblait, à bien des égards, inadaptable. C’est à l’occasion de la sortie du film d’animation en France que paraît cette version en roman graphique aux éditions Dupuis, avec des illustrations de Zaven Najjar.
Birahima, garçon insolent et attachant d’une dizaine d’années vivant en Guinée, doit rejoindre sa tutrice au Liberia après la mort de sa mère. Mais le pays est déchiré par une violente guerre civile, et pour survivre, il n’a d’autre choix que de devenir enfant-soldat. Le roman graphique ne cherche pas à adoucir ce destin : il l’assume pleinement, avec une lucidité qui force le respect.

extrait bd Allah n'est pas obligé

Le décalage est complet et voulu : la rondeur des traits et les couleurs vives s’écartent délibérément de la grammaire visuelle attendue pour un tel sujet. Ce choix esthétique, loin d’être un contresens, amplifie le malaise. Le visage poupon de Birahima confronté aux horreurs qu’il décrit crée une tension permanente, fidèle à l’esprit d’Ahmadou Kourouma. La BD intègre davantage d’éléments du livre que le film, avec un rythme différent, permettant à la voix ironique et forte du protagoniste de pleinement résonner sur la page.

Zaven Najjar et Winczura relèvent un défi audacieux en proposant une adaptation courageuse d’une œuvre souvent considérée comme inadaptable en raison de sa complexité narrative et de sa voix littéraire unique. Ces deux œuvres (film et BD) rappellent que ces guerres, parfois présentées comme ethniques, sont avant tout économiques, alimentées par l’exploitation de ressources naturelles.
Un roman graphique exigeant, à mettre entre les mains de tout lecteur adulte ou adolescent averti prêt à regarder le monde en face, sans détourner les yeux.

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