L’Amérique ou le disparu

Album publié en 2013 aux Editions Pasteque.


Adapté du roman L’Amérique (ou le Disparu) de Franz Kafka publié pour la première fois en décembre 1927.

Adaptation du roman inachevé de Franz Kafka (1883-1924), L’Amérique (ou le Disparu) relate, sur un ton tragicomique, les tribulations de Karl Rossmann, jeune Pragois exilé en Amérique par ses parents parce qu’il a, bien malgré lui, engrossé la bonne.
Laissé à lui-même, sans ressources, naïf et plein de bonne volonté, l’adolescent cherche tant bien que mal à se tailler une place dans ce monde incompréhensible, parfois amical, le plus souvent hostile, pour se voir tour à tour exploité par des individus sans scrupules ou accusé injustement de tous les maux.
A l’image de cette statue de la Liberté brandissant le glaive plutôt que le flambeau, l’Amérique proposée ici paraît un peu décalée, mais en même temps étrangement réelle.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Amérique ou le disparu »

Réal Godbout livre une belle adaptation en bande dessinée du roman inachevé de Franz Kafka, publié en 2013 aux éditions de la Pastèque. Une entreprise délicate que de domestiquer en images l’univers Franz Kafka, et pourtant, c’est réussi.

Le récit suit Karl Rossmann, un jeune Allemand envoyé en Amérique après un scandale familial, dans sa succession de mésaventures qui le font dégringoler socialement. Réal Godbout a compris quelque chose d’essentiel : chez Franz Kafka, sous le poids du destin arbitraire, il y a une forme de burlesque involontaire. Chaque tentative de Karl pour s’en sortir tourne au ridicule organisé, chaque « bienfaiteur » s’avère un prédateur. C’est drôle et cruel à la fois, et c’est précisément ce que l’adaptation restitue.

extrait bd  L Amérique ou le disparu

Sur le plan graphique, le dessin rond et épuré de Réal Godbout surprend d’abord. On s’attendrait à du gris kafkaïen, et voilà qu’on trouve des formes douces, presque mignonnes. Mais c’est justement l’astuce : cette apparence bienveillante contraste merveilleusement avec la malveillance systématique qui entoure le pauvre Karl. Le style amplifie l’absurdité plutôt que de la noyer.

Réal Godbout a passé sept ans sur ce projet de BD, et ça se voit dans les détails : des choix visuels malins (la Statue de la Liberté armée d’une épée, par exemple), un rythme narratif qui ne traîne pas, une vraie compréhension du roman de Franz Kafka.


L’œuvre parle à la fois à ceux qui connaissent Franz Kafka et à ceux qui le découvrent ici. Une belle réussite, finalement.

extrait bd  L Amérique ou le disparu

Vous aimerez aussi