La position du tireur couché

Album publié en 2010 aux Editions Futuropolis.


Adapté du roman de Jean-Patrick Manchette publié en aout 1981.

couverture bd La position du tireur couché

À dix-huit ans, Terrier est amoureux d’une jeune fille d’un milieu plus aisé qui lui promet de l’attendre dix ans le temps qu’il fasse fortune.
Terrier s’engage dans l’armée, devient mercenaire puis tueur à gages. Son but est simple : gagner suffisamment d’argent pour aller chercher sa bien aimée.
À trente ans, Terrier décide de se retirer pour retrouver sa promise comme promis. Mais rien ne se passe comme prévu…
Ce roman est certainement l’un des plus célèbres du prince de la Série Noire. Avec près de 100 pages en noir et blanc, il est aussi l’une des adaptations les plus ambitieuses de Tardi.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La position du tireur couché »

Il y a des rencontres qui relèvent de l’évidence. En adaptant La position du tireur couché, Jacques Tardi ne s’est pas contenté d’illustrer Jean-Patrick Manchette : il a gravé dans le métal froid le testament du néo-polar français.

On y suit Martin Terrier, tueur à gages dont la volonté de « décrocher » se heurte à une machine sociale implacable. Ici, point de romantisme. Fidèle au style de l’œuvre originale de 1981, le récit refuse toute psychologie de comptoir. Martin Terrier est un rouage, une pièce d’usine qui saigne, piégée dans une fable politique où le capitalisme a le visage d’une organisation sans âme. C’est sec, nerveux, et d’une lucidité désespérante.

extrait bd La position du tireur couché

Graphiquement, c’est une gifle de grisaille. Tardi déploie un noir et blanc poisseux qui capture à merveille la France des zones industrielles et des chambres d’hôtels anonymes. Ses « tronches » habituelles, marquées par une lassitude existentielle, donnent une chair incroyable au texte. Les scènes d’action, d’une violence clinique et sans fioritures, soutiennent un rythme qui ne laisse jamais respirer le lecteur.

Cet album est une relecture habitée, une œuvre de « sale gosse » qui cogne là où ça fait mal. Jacques Tardi et Jean-Patrick Manchette signent ici le portrait d’un monde qui finit de s’effondrer.

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