Ô Dingos, ô Chateaux !
Album publié en 2011 aux Editions Futuropolis.
Résumé éditeur
Adapté du roman de Jean-Patrick Manchette publié le 11 avril 1972.

Après Le Petit bleu de la côte ouest et La Position du tireur couché, Jacques Tardi revient avec une troisième adaptation d’un roman de Jean-Patrick Manchette : Ô dingos, Ô châteaux!
Jean-Patrick Manchette change ici de registre avec ce road movie sanglant et déjanté, mené tambour battant. Le livre a obtenu le Grand Prix de la littérature policière. Avec près de 100 pages ce récit est aussi l’une des adaptations les plus ambitieuses de Tardi.
La bd « Ô Dingos, ô Chateaux ! » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Ô Dingos, ô Chateaux ! »
L’alchimie entre le scalpel de Jean-Patrick Manchette et la mine de Jacques Tardi atteint, dans Ô dingos, ô châteaux !, une forme de perfection noire. En s’emparant de ce manifeste du polar de 1972, Jacques Tardi dépasse la simple illustration pour signer une véritable autopsie graphique de la France des « Trente Glorieuses » finissantes.
Le récit nous précipite dans une dérive sanglante où Julie, jeune babysitter vulnérable sortant de psychiatrie, devient la proie d’une machination bourgeoise d’une violence inouïe. Fidèle à l’écriture « blanche » et comportementaliste de Jean-Patrick Manchette, l’album fustige le cynisme d’une société où la vie humaine se négocie comme une simple marchandise. Le titre lui-même, détournement grinçant du vers de Rimbaud, donne le ton : c’est la chronique d’une folie ordinaire au cœur d’un monde qui se prétend rationnel.

Visuellement, le noir et blanc charbonneux de Jacques Tardi est d’une efficacité redoutable. Son trait capture l’âpreté des zones industrielles et la froideur des demeures de province avec une précision presque sociologique. L’expressivité des personnages, oscillant entre détresse et grotesque, soutient une narration haletante où chaque case semble imprégnée d’une tension sourde. Le découpage, d’une fluidité magistrale, souligne l’inéluctabilité de cette tragédie moderne.
La BD résonne comme un écho vénéneux au vers célèbre d’Arthur Rimbaud. Là où le poète invoquait la quête de l’innocence et de l’âme dans ses « Saisons », Jean-Patrick Manchette et Jacques Tardi leur substituent la fureur des « Dingos »




