Contes des mille et une nuits

Album publié aux éditions Adonis en 2007.


Publié pour la première fois par Antoine Galland vers 1704.

couverture bd Contes des mille et une nuits

Un Calife est captivé par les contes merveilleux que lui narre la babillarde Shéhérazade, au point qu’il la laisse vivre un jour, puis un autre jour encore, se disant en lui-même qu’il la fera bien toujours mourir quand elle parviendra à la fin de son dernier conte.
Mais, sans cesse, elle reprend ses récits. En voici deux parmi cent et mille. En premier, celui de la princesse à marier Nourannahar que trois frères courtisent et qui sont envoyés au devant d’épreuves afin de se départager.
Sortilèges, transports dans les airs abolissant le temps, villes grouillantes aux confins de la Perse et de la Chine. Rencontres de mages et de magiciens, voyage au centre de la Terre auprès de la fée Pari-Banou…
Vient ensuite l’histoire de la princesse Gelnare dont le palais est sous la Mer, qui épouse un prince de la Terre. Leur fils Bader est bientôt aux prises tour à tour avec des génies malfaisants ou bienfaisants, des magiciennes, le cruel roi de Samandal dont il veut épouser la fille. Chacun s’ingénie à entraver ou aider sa quête vers l’amour de sa bien-aimée…

Contes sans fin, toujours recommencés, mots qui coulent comme une source merveilleuse d’entre les lèvres de Shéhérazade. Mais le Calife, comme il lui parut, ne demandait pas mieux que de les entendre, elle poursuivit donc sans attendre son ordre.


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Contes des mille et une nuits »

S’attaquer à un monument comme les Mille et Une Nuits est un pari risqué, souvent piégeux. C’est pourtant le défi relevé avec assurance par Daniel Bardet dans cet album paru aux éditions Adonis/Glénat. Connu pour sa rigueur historique sur Les Chemins de Malefosse, le scénariste évite ici l’écueil de la compilation indigeste pour revenir à la source véritable du récit : la traduction d’Antoine Galland.

Daniel Bardet opère des choix narratifs chirurgicaux, se focalisant sur des pépites comme l’histoire du prince Ahmed et de la fée Pari-Banou. Ce parti-pris restitue la véritable mécanique du conte oriental : cette narration en « tiroirs » où la parole devient une arme de survie. On y retrouve une Shéhérazade stratège et une densité psychologique que les adaptations jeunesse ont souvent gommée. Le texte respecte la saveur littéraire du XVIIIe siècle, mêlant le merveilleux à une certaine cruauté sans fausse pudeur.

extrait bd Contes des mille et une nuits

Aux pinceaux, Rachid Nawa livre une partition graphique étonnante. Son trait réaliste ancre le mythe dans une matière tangible, loin des imageries vaporeuses habituelles. Ses décors fouillés et son travail sur les textures confèrent à l’ensemble une atmosphère pesante et envoûtante. La mise en couleurs, chaude et contrastée, sert la dramaturgie.

Cet album réussit le tour de force de concilier le respect du texte classique et le dynamisme de la bande dessinée moderne. Une redécouverte pour les amateurs de littérature qui souhaitent voir les mots de d’Antoine Galland prendre vie.

Vous aimerez aussi