L’Homme qui voulut être roi
Album publié en 2019 aux éditions Caurette.
Résumé éditeur
Adapté de l’œuvre de Rudyard Kipling publiée en décembre 1888.

Aux Indes, Daniel Dravot et Peachy Carnehan, deux amis britanniques, anciens militaires et aventuriers aussi déterminés que peu scrupuleux, caressent un rêve fou : entrer au Kafiristan, pays légendaire où aucun Européen n’a mis le pied depuis Alexandre le Grand, et en devenir les rois…
Tout le monde connait la nouvelle de Kipling , ne serait-ce que de nom, mais peu sont ceux qui savent que Dravot et Carnehan étaient accompagnés d’un dessinateur qui a documenté leur périple.
Malheureusement, les carnets de ce troisième homme restés dans l’ombre des deux autres avaient été égarés et on les pensait perdus à tout jamais. C’est par un quasi-miracle qu’ils ont refait surface plus d’un siècle après leur disparition et que les Editions Caurette ont réussi (à prix d’or !) à en acquérir les droits de publication.
Sous les crayons d’Armel Gaulme, c’est un monde fantastique qui se déploie et éclaire d’un jour nouveau cette incroyable aventure..
La bd « L’Homme qui voulut être roi » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’Homme qui voulut être roi »
Publier une nouvelle vieille de plus d’un siècle en beau livre illustré est chose courante ; en faire un objet de fiction à part entière l’est beaucoup moins. C’est pourtant le pari de « L’Homme qui voulut être roi », où l’illustrateur Armel Gaulme accompagne le récit de Rudyard Kipling d’une trouvaille malicieuse : présenter ses images comme les carnets retrouvés d’un troisième voyageur, témoin oublié de l’expédition.
Le texte de Rudyard Kipling conserve toute sa force. Daniel Dravot et Peachy Carnehan, deux anciens soldats britanniques aussi audacieux que peu scrupuleux, rêvent de gagner le Kafiristan, contrée où nul Européen ne serait entré depuis Alexandre le Grand, pour s’y tailler un royaume. Cette ambition démesurée, nourrie de codes maçonniques, devient une méditation sur l’orgueil et l’illusion du pouvoir, que l’issue du récit vient sanctionner. En feignant de documenter l’aventure de l’intérieur, Armel Gaulme renouvelle notre lecture : on ne suit plus seulement une nouvelle coloniale, on exhume une archive.

C’est là que le travail graphique prend tout son sens. Formé dans la lignée des grands illustrateurs de l’imaginaire, dont Alan Lee et John Howe, Armel Gaulme déploie une aquarelle ample et atmosphérique, où les paysages montagneux du Kafiristan et les visages burinés semblent véritablement croqués. L’esthétique du carnet, avec ses notes et ses esquisses, donne à ce monde disparu une présence, entre document ethnographique et vision fantastique.
Là où Rudyard Kipling racontait la folie de vouloir régner, Armel Gaulme rappelle qu’un illustrateur, lui, peut vraiment ressusciter un empire disparu, le temps d’un carnet.




