Le soleil n’est pas pour nous
Album publié en 2006 aux éditions Casterman.
Résumé éditeur
Adapté du roman de Léo Malet (le second volet de sa célèbre Trilogie noire) publié le 14 septembre 1949.

Paris, la Petite Roquette… Dédé sort de taule. Ce n’est encore qu’un gamin, mais il n’espère déjà plus rien de la vie.
Et puis, un soir, il la voit descendre un escalier. Elle, c’est Gina !
Ils se reconnaissent et s’enlacent pour toujours.
Ils savent pourtant ce que Dédé résume tristement : » quand t’as couché dehors, le ventre vide, le soleil luit pas du même éclat que pour les autres… «
La bd « Le soleil n’est pas pour nous » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le soleil n’est pas pour nous »
Dans la continuité du premier volume, Le soleil n’est pas pour nous, deuxième tome de l’adaptation en bande dessinée de La Trilogie noire de Léo Malet, confirme le brio du duo Philippe Bonifay (scénario) et Youssef Daoudi (dessin). Ce volet poursuit l’exploration âpre de la pègre et des marges de la société française, transposant ce chef-d’œuvre de la littérature avec une redoutable efficacité.
Ce second opus délaisse la genèse de la révolte pour plonger le lecteur au cœur d’une clandestinité morbide. Le récit dissèque la cavale de Jean Fraiger, désormais englué dans une spirale de violence irrémédiable. Le thème central glisse vers la fatalité et la paranoïa. L’écriture de Philippe Bonifay excelle à retranscrire l’étouffement psychologique : Jean Fraiger, acculé de toutes parts, perd ses ultimes illusions face à un destin implacable. L’intrigue met en lumière la mécanique broyeuse d’un système social fracturé qui ne laisse aucune échappatoire ni aucune rédemption à ses marginaux.
Le trait de Youssef Daoudi gagne ici en intensité et en lourdeur dramatique. Son encrage hachuré, presque viscéral, épouse la tension nerveuse omniprésente des fugitifs. L’utilisation des aplats noirs et des cadrages oppressants, souvent très serrés sur des visages rongés par l’angoisse, renforce ce sentiment de huis clos urbain. La colorisation terne, étouffant volontairement les sources de lumière, prive visuellement l’environnement de tout éclat, donnant ainsi tout son sens, tragique et littéral, au titre de l’œuvre.
Le soleil n’est pas pour nous est une démonstration de narration noire. Viscérale et sans concession, cette suite graphique dépasse la simple illustration littéraire.




