120, rue de la gare
Album publié en 2024 aux éditions Casterman.
Résumé éditeur
Adapté du roman de Léo Malet publié en 1943.

La bd « 120, rue de la gare » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « 120, rue de la gare »
Publié pour la première fois en 1988 chez Casterman, l’album 120, rue de la Gare marque l’adaptation par Jacques Tardi du tout premier roman de Léo Malet, écrit sous l’Occupation en 1943. En s’emparant de cette intrigue policière, Jacques Tardi livre une œuvre historique majeure où la petite histoire des marginaux se heurte à la grande tragédie de la Seconde Guerre mondiale.
L’enquête débute dans le dénuement d’un stalag allemand pour s’achever dans le Paris occupé, en passant par un Lyon glacial. Nestor Burma, marqué par la captivité, y poursuit la vérité derrière les derniers mots énigmatiques d’un codétenu agonisant. Loin de l’héroïsme classique, la narration explore avec cynisme et amertume l’atmosphère de la France de Vichy. Les thèmes de la trahison, du marché noir et de la survie morale irriguent le récit. Le personnage de Nestor Burma s’y dessine avec une profondeur psychologique inédite, tiraillé entre sa verve de détective et la détresse d’une population opprimée par la faim et la peur.

Graphiquement, Jacques Tardi déploie un noir et blanc d’une noirceur absolue. La rigueur documentaire de son trait ressuscite la France des années 1940 : gares embrumées, files d’attente devant les devantures vides, et trains de prisonniers sous la neige. Les aplats sombres et l’omniprésence des grisés structurent une mise en scène étouffante, faisant écho à l’enfermement physique et mental des personnages. La laideur et la fatigue des visages, fidèles à la ligne claire retravaillée de l’auteur, renforcent le réalisme historique.
Cette adaptation transcende le genre policier pour devenir un témoignage graphique indispensable. A recommander pour les inconditionnels de Nestor Burma.




