Dans la colonie pénitentiaire, de Franz Kafka
Album publié en 2007 aux Editions Delcourt.
Résumé éditeur
Adapté de l’œuvre de Franz Kafka publiée en octobre 1919.

Un voyageur, qui visite une colonie pénitentiaire, est appelé à donner son avis sur le système judiciaire qui y est appliqué.
Un officier, fervent défenseur de l’idéologie de l’ancien commandant, le reçoit et lui explique le fonctionnement de la machine infernale conçue par son mentor.
La sentence, appliquée sans jugement, est l’inscription du commandement enfreint dans la chair jusqu’à ce que mort s’ensuive…
La bd « Dans la colonie pénitentiaire, de Franz Kafka » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Dans la colonie pénitentiaire, de Franz Kafka »
Publié dans une collection dédiée à l’adaptation des classiques littéraires, cet album confie au scénariste Sylvain Ricard et au dessinateur Maël la transposition d’une des nouvelles les plus âpres de Franz Kafka. Le récit place un voyageur, observateur extérieur, en position de juger un système judiciaire inconnu, dans une colonie pénitentiaire située en un lieu et une époque volontairement indéterminés. Un officier, fervent héritier de l’ancien commandant, lui présente avec fierté la machine conçue par son mentor, un appareil qui grave dans la chair du condamné la loi qu’il a enfreinte, jusqu’à ce que mort s’ensuive.
Le défi de l’adaptation tenait à la nature très statique du texte, presque entièrement constitué d’un dialogue autour de l’engin. Sylvain Ricard fait de cette contrainte un atout, en installant un rythme lent et implacable qui épouse la démonstration de l’officier. L’horreur ne surgit pas d’un effet spectaculaire, mais de la froideur bureaucratique d’un homme convaincu de la justesse d’un supplice inhumain. L’album restitue ainsi la charge de Franz Kafka contre une justice aveugle et déshumanisée, où l’accusé est condamné sans même connaître sa faute, et où la compassion n’a plus droit de cité.

Le dessin de Maël, aux ombres épaisses et aux teintes sourdes rehaussées par les couleurs d’Albertine Ralenti, sert cette atmosphère pesante. Ses jeux de lumière et sa mise en scène du huis clos traduisent l’oppression sans céder à la complaisance.
L’album s’adresse à un lectorat adulte, aux lecteurs de Franz Kafka et aux amateurs de bande dessinée exigeante.




