Jane Eyre
Album publié en 1999 aux éditions Triomphe.
Résumé éditeur
Adapté du roman de Charlotte Brontë (publié pour la première fois le 16 octobre 1847).

Le célèbre roman de Charlotte Brontë dessiné par Noël Gloesner sur une adaptation de Monique Amiel.
Monique Amiel, scénariste, entre chez Fleurus en 1958. Pour Cœurs Vaillants, Âmes Vaillantes, Fripounet et bien d’autres éditeurs, elle collabore avec de nombreux dessinateurs.
Noël Gloesner débute en 1945 avec les Aventures de Chiffonnette dans Fripounet. De 1948 à 1956, il mène la saga de Yann le Vaillant. Il travaille ensuite à de nombreuses séries avec Marijac, le Père Thivollier… Ses différents styles, de la caricature au réalisme, en font l’un des maîtres de la BD d’après-guerre.
La bd « Jane Eyre » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Jane Eyre »
Transposer en images un roman aussi intérieur que « Jane Eyre », récit à la première personne où l’héroïne raconte sa propre formation, n’a rien d’évident. La scénariste Monique Amiel et le dessinateur Noël Gloesner s’y emploient dans cette adaptation du classique de Charlotte Brontë, une histoire de dignité et d’amour contrariée dans l’Angleterre victorienne.
Le mérite du scénario de Monique Amiel est d’éviter la raideur qui guette souvent les mises en bande dessinée des grands textes. Plutôt que d’illustrer platement, elle resserre l’intrigue autour de la trajectoire de Jane, orpheline sans fortune devenue gouvernante, et de sa rencontre avec le ténébreux Rochester, dont le domaine de Thornfield dissimule un secret. L’adaptation préserve ce qui fait la modernité du roman : une héroïne qui refuse de renoncer à sa liberté morale et à son estime d’elle-même, quitte à sacrifier son bonheur.

C’est toutefois le dessin de Noël Gloesner qui fait passer l’émotion. Représentant de la grande tradition de la bande dessinée d’après-guerre, il possède une qualité rare chez les dessinateurs de son école : il sait rendre, sur un visage, la nuance exacte d’un sentiment. Là où bien des adaptations réalistes figent leurs personnages, ses expressions font passer l’hésitation, la retenue ou l’émoi, et compensent l’absence de la voix intérieure du roman. Le trait se met entièrement au service du récit.
De quoi faire découvrir Jane Eyre à ceux qui n’oseraient pas ouvrir le roman, sans trahir ceux qui l’aiment déjà. Monique Amiel et Noël Gloesner ne cherchent pas à surprendre : ils racontent bien, et c’est déjà beaucoup.




