L’homme au sang bleu
Album publié en 2017 aux éditions Casterman.
Résumé éditeur
Adapté du roman de Léo Malet publié en 1945.

La bd « L’homme au sang bleu » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’homme au sang bleu »
Onzième volume de la série tirée de l’œuvre de Léo Malet, L’Homme au sang bleu adapte le troisième roman de Nestor Burma, écrit en 1945. Emmanuel Moynot en assure l’adaptation et le dessin, prolongeant l’univers graphique fondé par Jacques Tardi, tandis que Chantal Quillec signe les couleurs. L’album a ceci de singulier qu’il arrache le détective à son Paris habituel.
Nous sommes à la fin de l’été 1946. Lassé d’une capitale trop paisible, Nestor Burma accepte une simple mission de surveillance pour le compte d’un aristocrate de province et file vers Cannes. À peine descendu du train, il assiste à une fusillade, avant d’apprendre que son client s’est donné la mort. Le frère du défunt le charge alors d’élucider ce suicide suspect.
Emmanuel Moynot déploie une intrigue foisonnante où se croisent drogue, fausse monnaie, music-halls et trahisons, fidèle à la mécanique retorse de Léo Malet. Le dépaysement fait tout le sel de l’album : transplanté sous le soleil, Nestor Burma conserve sa gouaille et son flair, mais se heurte à une faune méridionale, tel ce commissaire nonchalant à l’accent chantant, qui évoque irrésistiblement l’univers de Pagnol.

Côté dessin, Emmanuel Moynot personnalise l’héritage de Jacques Tardi. Son trait légèrement cabossé gagne en expressivité et met en valeur les décors ensoleillés de la Côte d’Azur, tranchant avec la grisaille parisienne des épisodes précédents. La couleur de Chantal Quillec accompagne ce changement d’atmosphère, plus lumineuse sans rien perdre de la tension.
Cette BD est un polar rétro dépaysant et solidement mené. On le recommandera aux amateurs de romans noirs, aux lecteurs de Léo Malet et à ceux que séduit le Midi des années 1940.




