L’occupation des sols

Album publié en 2026 aux éditions Gallimard.


Résumé éditeur

D’après la nouvelle de Jean Echenoz publiée en mars 1988.

couverture bd L'occupation des sols

« Comme tout avait brulé – la mère, les meubles et les photographies de la mère -, pour Fabre et le fils Paul c’était tout de suite beaucoup d’ouvrage : toute cette cendre et ce deuil... ».

Ainsi débute la nouvelle de Jean Echenoz parue en 1988. La seule image survivante de la mère est un incongru portrait publicitaire géant, peint à même la façade d’un immeuble parisien. Mais à mesure que la ville se construit, le plan d’occupation des sols menace la pérennité de l’icône et du lieu de recueillement. Le père se lance alors dans une opération de la dernière chance…
Guy Delisle enrichit et ponctue de sa ligne claire ce récit best-seller à la fois fataliste et piquant sur l’irrationnalité du deuil, le temps qui passe et la vie qui va.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « L’occupation des sols »

Amateur de longue date de la prose de Jean Echenoz, Guy Delisle s’empare de « L’Occupation des sols », court récit paru à la fin des années 1980, avec un parti pris singulier. Il ne réécrit pas, ne réinterprète pas : il conserve l’intégralité du texte original et l’accompagne de ses images. Le résultat n’est pourtant pas un simple livre illustré, mais une véritable bande dessinée, où le texte de Jean Echenoz et les planches de Guy Delisle avancent d’un même pas.

Le récit suit Fabre et son fils Paul, privés par un incendie de tous leurs souvenirs de Sylvie, la mère disparue. Ne subsiste d’elle qu’un portrait publicitaire géant, peint sur la façade d’un immeuble parisien, que le plan d’occupation des sols menace bientôt de faire disparaître. De cette situation ténue, Jean Echenoz tire une méditation sur le temps qui passe, le souvenir et l’irrationalité du deuil, que Guy Delisle épouse sans jamais forcer l’émotion.

extrait bd L'occupation des sols

C’est graphiquement que se joue la réussite de l’album. Guy Delisle limite sa palette au bleu, au blanc et au noir, et laisse sa ligne claire donner vie aux murs, aux immeubles et aux engins de chantier, qui deviennent les vrais personnages du drame. Autour du quai de Valmy, la ville qui se construit devient la mesure implacable d’un temps qui efface, cruellement, le visage de Sylvie.

Ce volume s’adresse aux lecteurs de Jean Echenoz curieux de le voir passer en images, aux amateurs de bande dessinée littéraire. Guy Delisle y démontre qu’accompagner un texte, plutôt que l’adapter, peut être la forme la plus juste de fidélité.

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