La Guerre éternelle – Tome 2 – Lieutenant Mandella 2020/2203
Album publié en 1989 aux Editions Dupuis.
Résumé éditeur
Adapté du roman « The Forever War » de Joe Haldeman publié pour la première fois en décembre 1974.

Après l’expérience du feu et un premier combat ayant mis en déroute l’ennemi, les survivants du groupe reviennent sur Terre près de 25 ans après leur départ. Bien que seuls huit mois se soient écoulés pour Mandella et ses camarades en raison du décalage temporel relativiste, une décennie a passé sur Terre.
À travers ce récit, Haldeman expose de façon très ingénieuse le retour à la vie quotidienne des soldats après la guerre et leur dure adaptation dans une société qui a radicalement changé. La Terre n’est plus celle qu’ils ont quittée : c’est un monde devenu dystonique, régimenté, où le gouvernement contrôle l’emploi, la nourriture et la médecine.
Mandella et son compagnon Marygay Potter, incapables de s’adapter à ce nouvel univers hostile, décident de se réengager dans l’UNEF (United Nations Exploratory Force).
Promu lieutenant, Mandella commande désormais des soldats et affronte de nouveaux défis militaires et personnels. Le paradoxe temporel continue de les séparer inexorablement de l’humanité qu’ils cherchent à protéger, amplifiant la sensation d’isolement et d’absurdité existentielle au cœur du récit.
La bd « La Guerre éternelle – Tome 2 – Lieutenant Mandella » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Guerre éternelle – Tome 2 – Lieutenant Mandella »
Le deuxième tome de Marvano et Joe Haldeman va droit au cœur du sujet : le vrai drame, ce n’est pas la bataille spatiale, c’est le retour. Mandella revient sur Terre après huit mois de voyage à la vitesse lumière. Problème : dix ans se sont écoulés sur la planète.
Sa mère a vieilli d’une décennie. Son frère est devenu un vieillard. Les villes ne ressemblent plus à rien. Pire encore, la société s’est transformée en cauchemar bureaucratique : le gouvernement contrôle tout : l’emploi, la nourriture, les relations. Mandella découvre qu’il ne peut pas s’adapter. Sa solde est tellement taxée qu’il ne peut rien faire d’autre que de se réengager. L’armée l’a piégé : c’est l’unique issue.
Là réside la vraie force du scénario. Joe Haldeman ne cherche pas à nous étonner avec des explosions spatiales. Il décortique l’aliénation psychologique d’un soldat qui n’a plus sa place nulle part. Mandella et Marygay Potter tentent de trouver refuge dans leur amour, mais même ça devient compliqué dans un système qui remodèle constamment la réalité.

Visuellement, Marvano maintient sa ligne : des teintes gris-bleu, un trait économe, peu de fantaisie. Une scène de repas en famille devient aussi angoissante qu’un combat. Rien de gratuit, tout au service de l’histoire.
Ce tome confirme que la série ne raconte pas une guerre spatiale classique. C’est une réflexion sombre sur le prix humain du militarisme et sur la façon dont le temps s’écoule différemment selon qui tu es. Belle BD de science-fiction.




