La Pyramide de Ponzi
Album publié en 2018 aux éditions Delcourt.
Résumé éditeur

Le principe d’une pyramide de Ponzi est simple : payer aux premiers investisseurs des taux d’intérêts attractifs en utilisant l’argent des suivants.
Mais qui est Carlo Ponzi dont le nom est associé à cette arnaque ?
Boston 1903. Carlo Ponzi débarque avec moins de 3 dollars en poches. 17 ans plus tard, cet immigrant italien, issu d’une petite bourgeoisie de Parme sur le déclin, va devenir un véritable phénomène de la finance.
Il parvient à se hisser jusqu’aux plus hautes sphères sociales à la suite d’un parcours chaotique jalonné d’échecs et de rencontres, dont certaines avec des individus peu recommandables…
La bd « La Pyramide de Ponzi » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La Pyramide de Ponzi »
Avec La Pyramide de Ponzi, Xavier Bétaucourt et Nathalie Ferlut retracent le parcours de Carlo Ponzi, immigré italien débarqué à Boston en 1903 avec moins de trois dollars, devenu en quelques années la coqueluche de la finance américaine. Le titre annonce la mécanique de l’arnaque, mais l’album s’attache d’abord à l’homme, à ses combines et à sa soif de reconnaissance.
Xavier Bétaucourt appuie son scénario sur l’autobiographie que Ponzi rédigea en 1936 durant son exil brésilien, et ce choix guide tout le récit. La voix off à la première personne installe une complicité trouble : on suit l’escroc de l’intérieur, séduit par son bagou avant de mesurer les dégâts. Le portrait ne juge pas, il expose, avec une ironie qui affleure à chaque revers. Le lecteur comprend le montage financier sans jamais se noyer dans la théorie, et le dossier placé en fin d’ouvrage éclaire ce que la fiction laissait dans l’ombre.

Nathalie Ferlut porte cette histoire par un trait vif, souple, qui se resserre sur les décors quand la scène l’exige et s’allège dès que le rythme s’emballe. Ses couleurs à l’aquarelle, posées au pinceau, restituent les tons du Boston des années 1920 et donnent aux visages une expressivité mobile.
En confiant le récit à la voix même de Ponzi, tirée de son autobiographie de 1936, l’album fait de nous les complices amusés puis lucides d’un homme qui n’a jamais cessé de croire à sa propre légende. Reste le vrai sujet, tapi sous la biographie : la crédulité collective, le mirage de l’argent facile, cette promesse américaine que Ponzi retourne à son profit.
L’album parle d’hier et résonne aujourd’hui, à l’heure des montages qui portent encore son nom. On le conseillera aux curieux d’histoire économique.




