La servante écarlate
Album publié en 2021 aux éditions Robert Laffont.
Résumé éditeur
Adapté du roman de Margaret Atwood publié le 17 avril 1985.

Dans la république de Galaad, les femmes n’ont plus aucun droit.
Vêtue de rouge, Defred est une « Servante écarlate » à qui l’on a ôté jusqu’à son nom.
Réduite au rang d’esclave sexuelle, elle a été affectée à la famille du Commandant et de son épouse et, conformément aux normes de l’ordre social nouveau, met son corps à leur service.
Car à une époque où les naissances diminuent, Defred et les autres Servantes n’ont de valeur que si elles sont fertiles. Sinon…
Dans une description d’une force peu commune, Defred se remémore le monde d’avant, quand elle était une femme indépendante, jouissant d’un emploi, d’une famille et d’un nom à elle.
Aujourd’hui, ses souvenirs et sa volonté de survivre sont de véritables actes de rébellion.
La bd « La servante écarlate » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « La servante écarlate »
L’artiste canadienne Renée Nault signe seule l’adaptation et le dessin de ce classique de Margaret Atwood, dans une traduction de Michèle Albaret-Maatsch.
Renée Nault a tranché : ne pas tout transposer. Elle prélève des scènes, laisse des pages presque muettes et conserve la voix de Defred telle que Margaret Atwood l’avait écrite, cette confidence à voix basse qui raconte l’insoutenable sur le ton de l’excuse. On suit une femme dépossédée de son nom, affectée chez un Commandant, jaugée sur sa seule fertilité. Le récit avance par retours en arrière, et c’est la couleur qui prend en charge la bascule : Galaad baigne dans des gris et des bruns éteints, tandis que les souvenirs d’avant retrouvent une gamme complète. On perçoit la rupture avant de la comprendre.

L’aquarelle et l’encre de Renée Nault installent une douceur qui met mal à l’aise. Les silhouettes gardent quelque chose de flottant, et le rouge des Servantes découpe des taches franches dans des décors noyés. Son travail sur le costume mérite qu’on s’y arrête : à la place du bonnet retenu par la série télévisée, elle a dessiné une capuche ajustée qui efface la chevelure, sous les ailes blanches qui interdisent de voir et d’être vue. Les femmes deviennent une masse sans traits distinctifs, et les rares pages où les cheveux de Defred se libèrent n’en sont que plus fort.
Ce qui reste après la dernière page, ce n’est pas une scène mais une couleur : ce rouge qui découpe les Servantes dans le gris de Galaad et qui, une fois vu, colle à la rétine. L’album s’adresse aux lecteurs du roman qui voudront en éprouver la charge autrement, et à ceux que la prose de Margaret Atwood avait tenus à distance.




