Le Menteur
Album publié en 2004 aux Editions Denoël.
Résumé éditeur
Adapté de l’œuvre de Henry James (publiée pour la première fois le mai 1888).

« Écrire un conte sur une femme mariée à un homme au caractère affable qui est un énorme, quoique inoffensif, menteur. Elle est très intelligente, de bonne, haute et pure nature, et doit subir sans broncher ses affabulations – dictées par la vanité, le désir de se rendre intéressant et une pulsion intérieure irrésistible […] jusqu’au jour où le mensonge devient si gros qu’elle n’a de choix que de l’adopter et l’amplifier. Pour le sauver, en d’autres termes, elle doit devenir elle-même une menteuse…«
Cette note, jetée par Henry James dans ses Carnets en 1884, devint quatre ans plus tard une de ses nouvelles les plus magistrales, Le Menteur.
Un siècle après, Nadja met ses personnages animaliers au service de cette fable sur l’Art, la vérité et la fidélité, et lui redonne la profondeur du conte et la malice d’une comédie de moeurs moderne, située dans un monde élégant et suavement décadent.
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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le Menteur »
Un peintre peut-il dire par le portrait ce que les mots taisent ? C’est la question que pose Le Menteur, adaptation par Nadja d’une nouvelle de Henry James, où l’autrice signe seule le dessin et la transposition. Un peintre reconnu retrouve une femme qu’il a aimée autrefois, désormais mariée à un homme affable et adulé, mais menteur invétéré. Fasciné et troublé, l’artiste décide de peindre le mari, avec l’idée secrète que la toile révélera sa vraie nature et ouvrira les yeux de l’épouse, aveuglée par l’amour
Le geste le plus surprenant de Nadja est d’avoir peuplé cette comédie de mœurs de personnages animaliers, des ours qui évoluent dans un monde élégant et légèrement décadent. Ce parti pris désamorce le théâtre mondain d‘Henry James et lui donne une saveur de fable, où le travers humain se lit d’autant mieux qu’il est porté par des museaux. Le récit interroge l’art comme instrument de vérité, mais aussi la fidélité et le déni, cette manière qu’ont les êtres aimants de refuser l’évidence. Le portrait devient le champ de bataille où s’affrontent la lucidité du peintre et le mensonge du modèle.

Le dessin de Nadja, en noir et blanc, cultive une matière sombre et travaillée, tout en contrastes appuyés. Peintre de formation, l’autrice traite ses planches comme des tableaux, jouant des noirs profonds et d’un trait dense qui donne aux scènes une atmosphère feutrée.
En confiant à des ours la comédie de mœurs d’Henry James, Nadja fait du mensonge un travers si humain qu’il se lit mieux sur des museaux.




