Le temps des sauvages
Album publié en 2019 aux Editions Futuropolis.
Résumé éditeur
Adapté du roman Manuel de survie à l’usage des incapables de Thomas Gunzig publié le 22 aout 2013.

Martine Laverdure, caissière, était trop lente. L’entreprise l’a liquidée. Elle est morte.
Ses fils lui rendront justice, même si la vie les avait distanciés d’elle.
Blanc, Brun, Gris et Noir, quatre jeunes loups d’une extrême sauvagerie, surentraînés et prêts à tout pour se faire une place au soleil, se mettent en quête de punir le ou les responsables de sa mort.
L’affrontement entre la grande distribution et les loups solitaires est inévitable. Le monde est violent. L’espérance de vie en banlieue est fragile.
C’est le temps des sauvages.
La bd « Le temps des sauvages » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Le temps des sauvages »
Sébastien Goethals ne s’est pas contenté d’illustrer le roman de Thomas Gunzig, il l’a transfiguré. Dans cet album publié chez Futuropolis, la satire sociale de Manuel de survie à l’usage des incapables mue en une traque haletante et glaciale. L’intrigue, qui démarre par le décès brutal d’une caissière « non-rentable », déploie une dystopie féroce où le vivant est devenu une marchandise comme une autre.
Le récit brille par sa capacité à mêler le cynisme absolu à une tension dramatique constante. Sébastien Goethals s’empare de la figure des « incapables » de Thomas Gunzig pour les jeter dans une jungle urbaine où la survie dépend de notre part d’animalité. La profondeur psychologique des personnages, écrasés par un système qui les dépasse, insuffle une mélancolie poignante à ce thriller d’anticipation.

Visuellement, l’œuvre est une démonstration de force. Le noir et blanc devient un acteur à part entière du récit. Par un jeu de contrastes violents et un trait d’une précision chirurgicale, Sébastien Goethals capture l’oppression des espaces et la sauvagerie des corps. Son découpage alterne avec brio entre l’immensité des architectures déshumanisées et l’intimité brute des visages.
Le Temps des sauvages est une lecture coup de poing. C’est une BD d’une lucidité terrifiante sur notre capacité à accepter l’inacceptable, servie par une maîtrise graphique de haut vol.




