Les Contes d’Hoffmann – Le violon de Crémone

Album publié en 2021 aux Editions Rue de Sèvres.


Adapté du conte de E. T. A. Hoffmann publié pour la première fois en 1817.

couverture bd Les Contes d'Hoffmann - Le violon de Crémone

Une nuit, tous les habitants d’une petite ville s’assemblent sous les fenêtres du conseiller Krespel : le chant divin d’une femme s’élève dans les airs.
Cette voix devient pour le village une légende merveilleuse, un chant dont on ne se contente plus que de l’écho.
Car depuis cette nuit, le conseiller garde jalousement la jeune fille enfermée, lui interdisant toute visite, tout contact avec la musique…


L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Contes d’Hoffmann – Le violon de Crémone »

Publié à l’origine en 1817 sous le titre allemand Rat Krespel, le conte d’Ernst Theodor Amadeus Hoffmann est l’une des nouvelles fantastiques les plus troublantes du romantisme allemand. Tommy Redolfi, en chef d’orchestre complet (il signe ici à la fois le scénario et le dessin), adapte avec habileté ce conte étrange, dont la qualité réside dans sa capacité à traduire la dimension fantastique du texte originel.
Le cœur du récit repose sur le conseiller Krespel, juriste excentrique et collectionneur de violons qu’il démantèle méthodiquement pour en percer les secrets, et sur sa fille Antonie, dont la voix extraordinaire dissimule un mystère funeste. La maison du conseiller, complètement biscornue, farfelue et absurde dans sa réalisation, incarne graphiquement l’esprit tordu et génial de ce personnage, dont l’architecture intérieure reflète la logique déréglée. Ce choix de transposer la psychologie du personnage dans l’espace architectural est l’une des trouvailles les plus pertinentes de l’adaptation.

Hoffmann posait déjà dans ce texte une question vertigineuse : l’art absolu peut-il coexister avec la vie ? Krespel, en interdisant à Antonie de chanter, choisit la vie contre la beauté. Tommy Redolfi restitue cette tension avec une économie de moyens graphiques efficace, les ambiances étant très en phase avec l’esprit de ce conte au final très touchant. Le trait oscille entre le grotesque assumé et une mélancolie sourde qui imprègne les scènes les plus intimes.

Destiné aux amateurs de littérature fantastique et de romantisme allemand, cet album constitue une porte d’entrée idéale dans l’univers d’Hoffmann pour qui n’en connaît encore que les Contes d’Offenbach.

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