Les Origines du conflit israélo-arabe (1870-1950)
Album publié en 2025 aux éditions Delcourt.
Résumé éditeur

C’est donc bien avant 1914 que ce conflit a pris forme à la fois dans le discours des élites arabes, de la communauté juive séfarade et des sionistes d’Europe orientale.
C’est cette genèse complexe et séculaire qui est explorée dans cet ouvrage, dans une démarche aussi objective que possible, en collaboration avec l’historien et spécialiste du Moyen-Orient Georges Bensoussan.
La bd « Les Origines du conflit israélo-arabe » disponible ici
L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Les Origines du conflit israélo-arabe »
Cet album réunit Danièle Masse au scénario et Yana Adamovic au dessin, en collaboration avec l’historien Georges Bensoussan, spécialiste reconnu du Moyen-Orient, auteur d’un essai sur le même sujet publié dans la collection « Que sais-je ? ». C’est cette caution scientifique qui distingue l’album des nombreuses publications militantes sur un sujet qui en manque cruellement.
La genèse du conflit israélo-palestinien, dont l’actualité est surabondamment couverte par les médias, demeure paradoxalement mal connue. C’est bien avant 1914 que ce conflit a pris forme, à la fois dans le discours des élites arabes, de la communauté juive séfarade et des sionistes d’Europe orientale. Danièle Masse et Georges Bensoussan choisissent de remonter aux premières vagues d’immigration juive en Palestine ottomane dès 1870, bien avant que les grandes puissances n’imposent leurs propres agendas sur la région.

Ce qui retient l’attention, c’est la façon dont Danièle Masse parvient à restituer la complexité des positions sans les caricaturer. Au fil des décennies, les immigrants sont toujours plus nombreux et le déséquilibre crée les premières mésententes dans un coin du monde où, jusque-là, les religions cohabitaient plutôt harmonieusement. L’occupant anglo-saxon joue tant bien que mal les médiateurs, sans perdre de vue ses intérêts.
Sur le plan graphique, Yana Adamovic adopte un style documentaire clair et lisible, qui sert la vocation pédagogique de l’ensemble. Les scènes de foules, les cartes et les portraits de figures historiques s’articulent avec cohérence au fil des planches.
Danièle Masse et Georges Bensoussan remportent leur pari de vulgariser le différend. Un album qui ne résout rien, ne tranche rien, mais éclaire tout. C’est déjà considérable pour un sujet où l’ignorance fait autant de dégâts que la violence.




