Mamie Luger – Tome 1 – La tentation du mâle

Album publié en 2026 aux éditions Casterman.


Résumé éditeur

D’après le roman de Benoît Philippon publié le 9 mai 2018.

couverture bd Mamie Luger - 1 - La tentation du mâle

Berthe Gavignol, 102 ans, est arrêtée par la police après avoir tiré sur un homme avec un Luger, un vieux pistolet allemand.
Mais ce n’est que le début : au fil de l’interrogatoire, cette « petite mamie » au langage fleuri révèle un passé explosif, fait de cadavres, de secrets bien enfouis, et de luttes contre les violences faites aux femmes.
Ce polar noir et burlesque à l’humour grinçant est un hommage à la justice par les armes d’une femme qui refuse de rester victime.

Entre rires et frissons, Mamie Luger est une ode déjantée à la liberté, à la vieillesse badass et à la vengeance sur fond de critique sociale.

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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Mamie Luger – 1 – La tentation du mâle »

Avec Mamie Luger, tome 1 : La tentation du mâle, Nicolas Keramidas porte à la bande dessinée le roman de Benoît Philippon, dont il signe seul le dessin, la couleur et l’adaptation. Il y ressuscite Berthe Gavignol, 102 ans, arrêtée après avoir tiré sur un voisin puis canardé les gendarmes venus l’interpeller dans la campagne proche de Saint-Flour.

Tout le récit tient dans la garde à vue : face à l’inspecteur Ventura, prénommé André et non Lino, la centenaire déroule un siècle d’existence jalonné de cadavres. Nicolas Keramidas fait de cet interrogatoire le fil d’une mémoire buissonnière, où chaque anecdote fait basculer le sordide dans le burlesque. Le personnage tire sa force d’un refus tenace : celui de rester la victime des hommes qui ont traversé sa vie, du mari étouffant à l’officier nazi qui lui vaut son arme. La figure de Nana, l’aïeule qui recueillit l’orpheline, ancre cette insoumission dans une transmission féminine crédible.

extrait bd Mamie Luger - 1 - La tentation du mâle

Formé chez Walt Disney, Nicolas Keramidas exploite ce bagage avec malice : des expressions rondes, presque enfantines, encaissent une violence sans détour où le sang gicle abondamment. Ce décalage entre rondeur du trait et noirceur du propos porte l’humour grinçant, tandis que les dialogues, taillés à la serpe façon Audiard, tranchent avec la douceur apparente des visages. La colorisation, saturée dans le présent, s’assombrit dans les retours en arrière pour distinguer les strates du récit.

Nicolas Keramidas réussit une transposition nerveuse qui n’édulcore ni la crudité ni la tendresse du roman d’origine. On regrette seulement une lecture trop brève avant la suite annoncée. À recommander aux amateurs de polar trash.

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