Ravage – Tome 01 – Les temps nouveaux
Bande dessinée publiée en 2016 aux éditions Glénat.
Résumé éditeur
D’après le roman de René Barjavel publié en mars 1943.

Une relecture moderne du chef-d’œuvre de Barjavel
Le futur. Toute trace de technologie semble avoir disparu de la surface de la Terre.
Deux armées se font face devant l’ancien village de La Cadière-d’Azur. De sa tente de commandement, un homme âgé et charismatique s’entretient avec ses conseillers. Hostile à toute forme de progrès, celui que tous appellent le « Patriarche » s’apprête à lancer son attaque pour détruire la « machine » conçue par son adversaire.
Car lui se souvient… 100 ans auparavant, en 2052, François Deschamps n’était alors qu’un simple étudiant à l’École supérieure de Chimie agricole de Paris.
Fiancé à la jeune et belle Blanche, tout semblait aller pour le mieux dans sa vie. Le monde était régi par une technologie toute puissante. Jusqu’à ce que tout s’arrête. Jusqu’à ce que la catastrophe survienne…
Dans ce triptyque, Jean-David Morvan propose une relecture moderne du roman d’anticipation de Barjavel et chef-d’œuvre de la science-fiction française : Ravage. Au dessin, on retrouve Rey Macutay (Jaurès) qui impose une patte graphique hallucinante de dynamisme et d’inventivité, mélangeant habilement science-fiction et heroic fantasy.
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L’avis d’histoiregeobd.com sur la bande dessinée « Ravage – Tome 01 – Les temps nouveaux »
Adapter Ravage, roman publié par René Barjavel en mars 1943 et premier grand texte de la science-fiction française, est un pari ambitieux. Jean-David Morvan le relève en proposant non pas une transposition fidèle mais une relecture assumée, qui déplace légèrement les causes de la catastrophe (des explosions solaires remplacent la panne d’électricité originelle) tout en conservant l’essentiel : la fragilité terrifiante d’une civilisation entièrement dépendante de la technologie.
La structure narrative en flash-back est le choix le plus pertinent de cet album. Le récit s’ouvre sur le Patriarche, vieillard charismatique et hostile à tout progrès, s’apprêtant à lancer son armée contre une machine conçue par son adversaire. Puis le tome plonge cent ans en arrière, en 2052, pour suivre le jeune François Deschamps dans un Paris hypersophistiqué sur le point de basculer. Ce va-et-vient entre les deux temporalités installe une tension narrative efficace : on sait que la catastrophe aura lieu, ce qui donne à chaque scène de technologie triomphante une résonance funèbre.
C’est graphiquement que l’album impressionne le plus durablement. Rey Macutay, fort de son expérience de storyboarder pour les studios d’animation, impose une patte graphique très dynamique et inventive, mêlant habilement science-fiction et heroic fantasy. Ses planches du Paris de 2052, vertigineux et lumineux, contrastent avec la violence sourde des séquences post-apocalyptiques, ce basculement visuel incarnant mieux que n’importe quel texte le propos central de René Barjavel.
Destiné aux lecteurs adultes amateurs de science-fiction et à ceux qui connaissent déjà le roman, ce premier tome ouvre une trilogie qui renouvelle utilement le roman fondateur sans le trahir.




